"Combien coûte un sénateur?", lance... un sénateur

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Alain Milon lors d'un débat sur la réforme du travail au Sénat, à Paris le 28 juin 2016
Alain Milon lors d'un débat sur la réforme du travail au Sénat, à Paris le 28 juin 2016

Petit coup de chaud vendredi soir au Sénat sur la question récurrente de la répartition territoriale des jeunes médecins: "combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu'il coûte à la Nation ?", a lancé le sénateur LR Alain Milon à un de ses collègues.

Lors de l'examen du projet de budget de la Sécurité sociale, Jean-Luc Fichet, sénateur PS du Finistère, a défendu un amendement en faveur d'un "conventionnement territorialisé". C'est-à-dire une régulation des conventionnements des nouveaux médecins à l'Assurance maladie pour les inciter à s'installer dans des zones de déserts médicaux.

Les débats se sont quelque peu enflammés entre partisans et opposants aux mesures coercitives.

"La contrainte n'est pas la solution", a affirmé la ministre Brigitte Bourguignon dans un brouhaha ambiant. "On n'est plus dans la même médecine qu'autrefois, je n'y peux rien, c'est culturel", a-t-elle ajouté.

"Le conventionnement territorialisé, c'est pas grand-chose, quand on sait que la formation d'un médecin, c'est 150.000 euros que ça coûte à l'Etat", a argumenté M. Fichet.

"Je trouve scandaleux que vous puissiez reprocher à un étudiant en médecine qu'il coûte à l'Etat 150.000 euros", a réagi l'ancien président de la commission des Affaires sociales Alain Milon.

"Vous ne savez pas en plus combien d'économies l’étudiant en médecine permet à l’hôpital de faire", a-t-il poursuivi, avant de lâcher : "Combien coûte un sénateur pour reprocher à un étudiant ce qu'il coûte à la Nation ?".

Catherine Deroche (LR), qui lui a succédé début octobre à la tête de la commission, a renchéri: "Ce ne sont pas des glandeurs, ils travaillent pendant toutes les années de leurs études". Elle a elle aussi jugé "totalement scandaleux" qu'on leur reproche "l'argent qu'ils coûtent à la collectivité", après "la période qu'on vient de vivre" et leur implication dans la crise sanitaire.

L'amendement de M. Fichet et d'autres allant dans le même sens ont été rejetés.

vm/caz/dlm