Le CNRS rappelle à ses chercheurs leur responsabilité et leur devoir d’intégrité

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Dans un communiqué de presse, le CNRS "déplore les prises de position publiques de certains scientifiques" : une prise de parole rare, à l'heure où nombre de chercheurs, ébranlés par la couverture médiatique de l'épidémie de Covid-19, s'interrogent sur leur rôle, leurs obligations, leurs prérogatives et les écueils à éviter... L'édito de Dominique Leglu, directrice éditoriale de Sciences et Avenir - La Recherche.

Gloire médiatique versus vérité scientifique. Voilà plusieurs mois que l’alternative s’est radicalisée. Alors que la seconde, jadis, apportait généralement la première – Einstein et la relativité, Darwin et l’évolution, Marie et Pierre Curie et la radioactivité naturelle, Poincaré et sa conjecture… le ressort se serait-il cassé ? Serions-nous définitivement passés à l’ère de la post-vérité ? Cette dernière, avec son cortège de faits alternatifs, de fausses nouvelles et de pourvoyeurs de fake news emportés par une hubris ravageuse emporterait-elle le morceau ? Seraient-ce les contre-vérités et non la vérité qui gisent au fond du puits, toutes prêtes à en sortir dépenaillées, également "armées de martinets pour châtier l’humanité" - que Démocrite illustré par le peintre Gérôme nous pardonne cette paraphrase. Puis, bien résolues à naviguer, elles filent illico à la vitesse de la lumière, entre plateaux télé et réseaux sociaux ? Les fake news, , ont le don de voyager vite, très vite. Plus vite que la vérité, avec ou sans majuscule.

La réaction du CNRS par communiqué de presse

La crise du Covid-19, c’est un truisme, fait sauter le problème aux yeux. Et les institutions scientifiques elles-mêmes se retrouvent forcées de s’en alarmer. On ne reviendra pas sur la demande insistante faite ces derniers jours au Pr Raoult de prendre sa retraite de l’IHU de Marseille, on voit aujourd’hui le CNRS, cité ci-dessus pour l’excellence de certains de ses chercheurs, se sentir contraint d’en rappeler d’autres à l’ordre, de façon volontairement générale, par "communiqué de presse". C’est un communiqué d’un genre rare, avec rappel à la déontologie, autrement dit ce qu’il faut faire, version grecque et savante (deon /devoir, logos / discours).

Y est clairement affichée l’exigence requise par l’institution selon laquelle, lors de toute intervention médiatique, le/la spécialiste doit montrer patte blanche. Et préciser s’il intervient sur son domaine d’expertise, son cœur de métier, ou en tan[...]

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