Clip de campagne de Zemmour: les filles de Truffaut dénoncent "la violation de son droit moral"

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Eric Zemmour annonce sa candidature à la présidentielle dans une vidéo, le 30 novembre 2021 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP
Eric Zemmour annonce sa candidature à la présidentielle dans une vidéo, le 30 novembre 2021 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Les ayants-droit de François Truffaut mêlent leur voix aux médias et personnalités, courroucés de l'utilisation de leur image dans le clip d'entrée en campagne d'Eric Zemmour.

Les filles de François Truffaut font ainsi savoir, ce samedi, dans un communiqué, qu'elles "dénoncent l'utilisation sauvage d'extraits cinématographiques au mépris du droit moral dont elles sont les gardiennes. Dans son clip de campagne diffusé le 30 novembre 2021, M. Eric Zemmour s'est cru autorisé à utiliser, entre autres, des images extraites du film A bout de souffle de Jean-Luc Godard sur une idée originale de François Truffaut".

"Exact opposé de Zemmour"

Leurs avocats François Zimeray et Jessica Finelle estiment que "l’atteinte portée au droit moral attaché à l’œuvre est une forme de profanation d’autant plus irrespectueuse que Truffaut, à l’exact opposé de Zemmour, aimait les gens dans leur variété et pour leurs faiblesses, il exprimait une vision généreuse et tendre de l’humanité."

Les ayants-droit de François Truffaut, comme avant eux, Luc Besson, Laeticia Hallyday, le neveu de la chanteuse Barbara demandent au candidat "de cesser immédiatement l’utilisation illégale de l’extrait du film".

"Ils se réservent le droit de donner à cette situation toutes les suites qu’elle appelle", conclut le communiqué.

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Mercredi, c'est le neveu de la chanteuse Barbara qui, s'exprimant sur le plateau de BFMTV envisageait de telles suites, indiquant:

"Je réfléchis pourquoi pas à une action en justice. Comme vous le savez, l'homme dont nous parlons a été condamné moults fois. Faut-il ajouter une condamnation de plus à sa boutonnière? Je n'en sais rien, mais je n'écarte rien, même une action collective avec les autres ayants-droit des artistes. Tout est envisageable."

Droit à l'image

Le clip de campagne d'Eric Zemmour, longue litanie de références à la France fantasmée du candidat, convoque ainsi, pêle-mêle, Jeanne d'arc (avec une image du film de Luc Besson), Jean-Paul Belmondo (dans le film A bout de souffle), Johnny Hallyday, Barbara, Georges Brassens, Alain Delon, Brigitte Bardot... Il contient notamment des extraits de plusieurs film produits par la Gaumont, qui a émis un communiqé dès le 30 novembre, faisant par de sa "stupéfaction".

Laeticia Hallyday, veuve de Johnny, a, elle déclaré mercredi: "J'ai demandé à mon avocat d'entamer des poursuites (...) J'étais choquée et je pense que je ne suis pas la seule. Il fallait le dénoncer. Respecter le droit à l'image, et dénoncer cet abus."

Si l'équipe d'Eric Zemmour avance le "droit de courte citation", pour se prémunir contre d'éventuelles poursuites pour violation du droit d'auteur, le droit à l'image des personnes est ici bafoué, selon un professeur de droit spécialisé dans le domaine, contacté par BFMTV, le 30 novembre.

YouTube, qui diffuse le clip d'Eric Zemmour a par ailleurs, annoncé jeudi avoir reçu de nombreux signalements et interdit son accès aux internautes mineurs.

Article original publié sur BFMTV.com

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