Climat : la guerre en Ukraine accélère la transition écologique, selon ce rapport

This photograph taken on March 17, 2022, shows Bulgaria's sole oil refinery, Russia-owned Lukoil Neftochim Burgas near the city of Burgas at the Black sea coast. - Bulgaria cannot afford to back a ban on Russian oil and gas imports as part of sanctions against Moscow over its invasion of Ukraine, Prime Minister Kiril Petkov said on March 8. Sofia receives 77 percent of its natural gas from Russia's Gazprom and its sole oil refinery -- the largest on the Balkans -- is owned by Russia's Lukoil. (Photo by Nikolay DOYCHINOV / AFP)
NIKOLAY DOYCHINOV / AFP This photograph taken on March 17, 2022, shows Bulgaria's sole oil refinery, Russia-owned Lukoil Neftochim Burgas near the city of Burgas at the Black sea coast. - Bulgaria cannot afford to back a ban on Russian oil and gas imports as part of sanctions against Moscow over its invasion of Ukraine, Prime Minister Kiril Petkov said on March 8. Sofia receives 77 percent of its natural gas from Russia's Gazprom and its sole oil refinery -- the largest on the Balkans -- is owned by Russia's Lukoil. (Photo by Nikolay DOYCHINOV / AFP)

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE - Et si la Russie, dans sa guerre contre l’Ukraine, avait eu un effet positif sur le climat à l’échelle mondiale ? L’Agence internationale de l’Énergie (AIE) explique ainsi que les réponses des gouvernements du monde entier face à la crise de l’énergie provoquée par les combats et les sanctions contre Moscou ont initié un « tournant historique », accélérant nettement la transition des États « vers l’énergie verte ».

« Les marchés de l’énergie et les politiques publiques ont changé depuis l’invasion russe de l’Ukraine, pas seulement pour le temps présent, mais pour des décennies à venir », détaille le directeur général de l’AIE, Fatih Birol, dans son rapport annuel 2022 publié jeudi 27 octobre.

Alors que certains pays cherchent actuellement à augmenter ou diversifier leur approvisionnement en pétrole ou gaz - énergies fossiles fortement émettrices de CO2 - beaucoup sont en train d’étudier une accélération de leurs changements structurels vers des énergies propres. La « rupture » de l’Europe avec le gaz russe, par exemple, est arrivée avec une vitesse « que peu de personnes pensaient possible » encore l’an passé, pointe l’Agence.

« Nous nous approchons de la fin de l’âge d’or du gaz »

Les émissions mondiales de gaz à effet de serre liées à l’énergie devraient ainsi atteindre un « point haut » dès 2025, après la hausse des investissements dans les énergies durables provoquées par la « réorientation profonde » des marchés mondiaux de l’énergie. Une bonne nouvelle en soi, puisqu’elle serait synonyme de baisse des émissions de gaz à effet de serre dès 2026.

« Nous nous approchons de la fin de l’âge d’or du gaz », qui dure depuis une décennie, a relevé Fatih Birol. « La demande (de gaz), spécifiquement dans les économies avancées, est en baisse » grâce aux technologies plus efficaces et renouvelables, et la hausse dans les pays en développement « ne sera pas aussi importante qu’avant en raison des prix élevés ».

Dans aucun des trois scénarios étudiés par l’Agence, les niveaux d’exportation de gaz et de pétrole russe ne reviennent au niveau où ils étaient en 2021. La Russie, qui « ne parvient pas » à rediriger vers d’autres pays ses flux de gaz qui allaient auparavant vers l’Europe devrait ainsi perdre « près de mille milliards de dollars » d’exportations d’ici 2030, selon le directeur de l’AIE.

Pour la première fois, les trois scénarios de l’agence identifient un pic ou un plateau de consommation de chacune des énergies fossiles (charbon, gaz, pétrole) responsables du réchauffement planétaire.

Réduire le « fossé inquiétant » entre pays riches et pauvres

Dans le scénario central, qui se base sur les engagements déjà annoncés des gouvernements en matière d’investissements climatiques, les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie plafonneraient ainsi à 37 milliards de tonnes en 2025, puis descendraient à 32 milliards en 2050.

À huit jours de la Conférence mondiale sur le climat COP27, l’Agence met toutefois en garde contre les « fractures » entre pays riches et pauvres en matière d’investissements dans les énergies décarbonées, en réclamant un « effort international majeur » pour « réduire » ce « fossé inquiétant ».

Dans son scénario central, ces investissements doivent être supérieurs à 2 000 milliards de dollars d’ici 2030, et ils devraient monter à 4 000 milliards de dollars pour remplir les conditions du scénario prévoyant zéro émission nette en 2050.

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