Nouvelle salve de critiques entre Dupond-Moretti et Le Pen

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Le ministre français de la Justice Eric Dupond-Moretti à l'Assemblée nationale à Paris, le 9 mars 2021

Le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti et Marine Le Pen se sont de nouveau vivement critiqués jeudi, le ministre accusant la présidente du RN de "fuir" dès qu'il est "question de débat et de fond" tandis qu'elle fustigeait son "laxisme" face à une société "cernée par l'ultra-violence".

Mme Le Pen, députée du Pas-de-Calais, "n'a pas mis un orteil dans l'hémicycle" de l'Assemblée nationale qui débattait du projet de révision constitutionnelle pour intégrer la protection de l'environnement, a relevé Eric Dupond-Moretti devant la presse.

Il s'est "étonné" de ce qu'"à grand renfort de tambours et trompettes, Mme Marine Le Pen ait parlé d'un contre-projet de référendum" devant les journalistes et dans "les couloirs de l'Assemblée nationale", mais pas "devant la représentation nationale" et le gouvernement. "Chaque fois qu'il est question de débat et de fond, Mme Le Pen fuit", a-t-il affirmé.

La candidate à la présidentielle de 2022 a défendu mardi devant la presse l'énergie nucléaire et fustigé les éoliennes, dans un contre-projet de consultation des Français sur 15 questions portant sur l'écologie.

"Elle n'a pas voulu partager" ce contre-projet, "à raison sans doute du fait qu'il n'est qu'un recyclage de vieilles lunes et qu'il est en réalité une proposition totalement vide, et totalement vide de sens", d'après M. Dupond-Moretti.

Interrogée sur les critiques du ministre, Marine Le Pen a affirmé jeudi soir sur BFMTV qu'elle n'avait "rien de personnel" à l'égard d'Eric Dupond-Moretti, "au contraire de ce dernier qui ne cesse de (m')attaquer très violemment avec beaucoup d'irrespect".

Evoquant les derniers faits divers et les règlements de compte violents entre bandes, elle a estimé que les Français étaient "cernés par l'ultra-violence". C'est "la conséquence du laxisme et d'une forme d'impunité qu'on a laissé se développer et qu'incarne aujourd'hui M. Dupond-Moretti", a-t-elle ajouté.

Eric Dupond-Moretti "donne une image de partialité", selon elle. "Quand je serai présidente de la République, mon ministre de la Justice ne se comportera pas ainsi. Je suis convaincue que Jean-Paul Garraud donnera l'image de l'impartialité de la justice", a-t-elle ajouté.

Elle a ainsi laissé entendre à nouveau que le député européen, ancien magistrat et ancien élu UMP, qui a été désigné tête de liste RN aux régionales en Occitanie, serait nommé Garde des sceaux si elle était élue en 2022.

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