Le clan Kennedy, la marche vers le pouvoir

La marche vers le pouvoir du clan Kennedy est une longue suite d’humiliations, d’héroïsme, de drames et de secrets de famille... Un extrait de notre hors-série « La nostalgie Kennedy », 100 pages de photos et de reportages exclusifs consacrées à l'histoire du clan Kennedy, en vente à partir du jeudi 12 février chez votre marchand de journaux.

« J'ai quatre fils, beaux et forts comme les colonnes d’un temple», disait Joe Kennedy. Ils étaient voués au culte d’un père qui avait pour seule foi la réussite. Joe Jr., John – dit Jack –, Bobby, Teddy… tous choyés, bichonnés, pour accéder au Graal, la Maison-Blanche.

Pour comprendre, il faut remonter le temps. Retourner aux racines d’une ambition effrénée, celle de Joe Kennedy, né en 1888, et dont le premier titre de gloire, «plus jeune banquier des Etats-Unis», lui permit d’obtenir la main d’une quasi princesse, la fille du maire de Boston, Rose Fitzgerald. Monsieur le maire fut d’autant plus réticent à donner sa fille à un Irlandais de basse extraction qu’il savait ce qu’il en coûte de faire oublier d’où l’on vient. Etre irlandais dans l’Amérique de la fin du XIXe siècle, c’est être un voyou, un soiffard, un bouffeur de patates, un suppôt du pape… Les petites annonces stipulent «Irlandais s’abstenir», aucune banque n’accorde de crédit. Quant à Harvard, on peut juste rêver d’en cirer les parquets…

Le premier Kennedy à avoir émigré s’appelait Patrick, comme la moitié des Irlandais. Il était le grand-père de Joe. Et ne vit du Nouveau Monde que Noodle’s Island, où il avait débarqué à quelques encablures de Boston. Sa fabrique de tonneaux ne le sauva pas de la misère, il mourut à 35 ans du choléra, laissant sa femme seule avec leurs quatre enfants. Le père de Joe, Patrick Joseph, commença à travailler à 12 ans, sur les docks. Puis, avec trois tonneaux en guise de comptoir… il se lança dans le commerce. Et comme il était aimable, serviable et ne buvait que du lait, le succès et l’argent arrivèrent vite. Grâce à quoi il put investir dans un deuxième bistrot. Et ainsi de suite jusqu’à la prohibition, qui aurait pu le(...)


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