"Le Clan", la comédie corse à l'assaut du box-office

Détail de l'affiche du film
Détail de l'affiche du film

Le Clan sera-t-il le succès surprise de ce début d'année? Adaptée d'une pièce à succès signée Éric Fraticelli (plus de 100.000 spectateurs), cette comédie a fait salle comble lors de toutes ses avant-premières depuis novembre. La sortie du film, ce mercredi, une semaine après la Corse, devrait confirmer cette tendance.

"Je ne suis pas surpris par les rires dans la salle. Ça riait au même endroit quand on jouait la pièce! Ce qui me surprend, par contre, c'est l'engouement autour de ce film. Il se passe un truc qu'on ne maîtrise pas, qu'on ne comprend pas", explique Éric Fraticelli, qui a déjà séduit 600.000 spectateurs l'année dernière avec Permis de construire.

Écrit, réalisé et joué par Fraticelli, Le Clan raconte l'histoire d'une équipe de bras cassés - Fred, Achille, Max et Belette - qui tente d'enlever Sophie Marceau pour se refaire après un coup raté. Problème: ils enlèvent une parfaite inconnue qui se trouve être l'épouse du nouveau chef de la police.

Entre "Le Pigeon" et "Snatch"

Avec ses vannes qui fusent à chaque seconde et son histoire absurde, Le Clan a emballé le public: "Permis de construire était sympa, mais on a déjà vu des films dans ce style", estime Éric Fraticelli. "On rencontre moins de films comme Le Clan en France. C'est peut-être pour ça qu'il y a un sentiment de curiosité."

Construit sur le modèle de Bienvenue chez les Ch'tis, Permis de construire contait les déboires d'un Parisien qui voulait bâtir une maison sur l'île de beauté. Le Clan "est un mélange de comédie italienne et de comédie anglaise dans un film français avec un accent corse", s'amuse Éric Fraticelli.

"Ce qui nous donne à la fin un cocktail assez bizarre: mélangez des films comme Le Pigeon et Affreux, sales et méchants avec Snatch et vous obtenez le style du Clan!", analyse le réalisateur.

Une histoire universelle

Le Clan est une histoire universelle, qui met à l'honneur l'humour corse, la "macagna", soit "la taquinerie et pas la moquerie", précise Éric Fraticelli. "C'est vrai que ça se passe en Corse, mais le cœur du sujet, ce sont des personnages, des situations un peu emmerdantes pour eux et beaucoup de vannes. C'est assez simple comme recette."

La presse reste pour l'heure hermétique au phénomène. "Je ne veux pas lui trouver des excuses, mais il n'y a pas de vedettes dans le film. S'il y avait eu Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Omar Sy, Dany Boon - les 15 dont on parle toujours - ça aurait été plus facile pour eux pour en parler."

Éric Fraticelli a pourtant une star au casting du Clan: Sophie Marceau en personne. Mais le réalisateur ne souhaite pas en parler. "Je ne communique pas sur le fait qu'elle est dans le film, parce que ce serait racoleur et menteur de dire que c'est un film avec Sophie Marceau."

La star de La Boum apparaît effectivement le temps d'une scène où elle se moque de son image. Une scène écrite spécialement pour le film, à la demande de Sophie Marceau, à qui Éric Fraticelli avait envoyé le scénario "par courtoisie": "Elle nous a dit que le film l'avait fait mourir de rire et que ça aurait été sympa qu'elle ait une scène."

"L'important, c'est que le public aime"

Comme Permis de construire, Le Clan se termine avec un générique où le casting danse. Une manière de quitter la salle "avec un bon sentiment", souligne Éric Fraticelli: "Personne ne lit les génériques à part les professionnels. Ça ne sert à rien! Puisqu'il faut un générique, autant en faire un qui soit sympa! C'est festif!"

"L'important, pour moi, c'est que le public aime. Je m'adresse au public, pas aux médias", assène encore le réalisateur qui refuse de se prendre au sérieux et préfère casser les contraintes un peu rigides du cinéma pour livrer un film à la bonne franquette: "J'essaye de me battre contre l'intellectualisme aveugle", assure-t-il.

Éric Fraticelli prépare déjà son troisième film, qu'il tournera en février, et en Corse, comme les précédents, intitulé Inestimables. Il y donnera la réplique à Didier Bourdon et Philippe Corti, sera une comédie inspirée d'un fait réel, la découverte d'un trésor romain lors d'une pêche aux oursins.

Quelle est sa recette magique pour tourner aussi vite dans un contexte de surproduction? "Les menaces", dit-il en éclatant de rire. "Parfois, les choses s’enchaînent comme ça", ajoute-t-il plus sérieusement. "Je suis entouré de gens assez dynamiques. Mon producteur, Philippe Godeau, va très vite et travaille bien." Le film sortira en 2024.

Article original publié sur BFMTV.com