Claire Hédon choisie par Macron pour remplacer Toubon comme défenseure des droits

Paul Guyonnet
La journaliste Claire Hédon devrait succéder à Jacques Toubon au poste de Défenseure des Droits.  (Photo: AFP Contributor via Getty Images)

POLITIQUE - C’était le souhait de Jacques Toubon: il voulait voir une femme lui succéder au poste de Défenseur des Droits. Eh bien Emmanuel Macron a semble-t-il entendu cette demande puisqu’il a proposé, ce mardi 30 juin, de nommer Claire Hédon pour le remplacer. 

Reste désormais, comme le précise un communiqué de l’Élysée, à ce que les commissions concernées de l’Assemblée nationale et du Sénat valident ce choix, comme prévu par la Constitution de la Cinquième république

Journaliste dans les radios du service public pendant près de 30 ans (France Bleu, France Inter et surtout RFI), Claire Hédon est aussi une personnalité publique puisqu’elle occupe le poste de présidente de l’ONG ATD-Quart Monde, qui lutte contre la pauvreté, et qu’elle siège au Comité consultatif national d’éthique dans les rangs des membres issus de la société civile. 

Or avant de devenir Défenseure des Droits, son parcours fait montre d’un goût profond pour les thématiques dont doit se saisir ce personnage-clé de la vie publique française.

Que chacun puisse faire entendre sa voix en démocratie

En tant que journaliste radio, déjà, Claire Hédon a présenté pendant plus d’une décennie “Priorité Santé”, une émission d’information médicale grand public très écoutée en Afrique francophone notamment. Une “mission d’information” majeure pour la journaliste, qui racontait avoir pu se confronter à différents terrains et différentes problématiques partout dans le monde. “Tous les débats autour de sujets de société m’intéressent”, assurait-elle d’ailleurs à Télérama en 2015.  

Depuis le 1er septembre de la même année, et le début de son mandat à la présidence d’ATD-Quart Monde, c’est surtout sous cette casquette que la reporter a pu faire connaître son point de vue sur les discrimination, la pauvreté, le chômage ou la nécessaire dignité des personnes. Soit autant de thèmes sur lesquels elle devra plancher une fois officiellement nommée. 

“Une partie du problème (de la participation du peuple en démocratie) tient au sentiment de n’être pas écouté par les pouvoirs publics”, expliquait-elle par exemple à La Croix au moment du mouvement des gilets jaunes. Et de faire le lien avec les personnes en situation de pauvreté, de précarité ou sans accès suffisant à l’éducation, évoquant l’importance pour que la démocratie fonctionne que chacun puisse faire entendre sa voix.

Une vision qui a semble-t-il séduit Emmanuel Macron au moment de trouver un successeur à Jacques Toubon, dont le mandat de six ans s’achèvera le 17 juillet. Claire Hédon avait d’ailleurs reçu le chef de l’État dans les locaux de son ONG en septembre 2018, en marge d’une prise de parole présidentielle et gouvernementale sur la lutte contre la pauvreté. 

Reste simplement à savoir si, une fois sa nomination entérinée, la journaliste se montrera aussi critique du pouvoir en place que l’ancien ministre de la Justice de Jacques Chirac, lequel n’a jamais hésité à pointer les lacunes et autres manquements du système français. 

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Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.