Claire Bretécher : « Je suis égoïste, donc je suis féministe »

Par Florent Barraco
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Claire Bretécher en 1999 dans l'émission de Thierry Ardisson.
Claire Bretécher en 1999 dans l'émission de Thierry Ardisson.

« Elle est abonnée à Marie-Claire/ Dans le Nouvel Obs' elle ne lit que Bretécher. » Icône de la gauche intellectuelle, la dessinatrice Claire Bretécher était, grâce à Cookie Dingler, propulsée en haut des charts français. La cofondatrice de L'Écho des savanes, décédée en 2020, était sans doute la plus lue dans l'hebdomadaire français de Jean Daniel. Invitée en 1999 dans l'émission Thierry Ardisson, Rive Droite/Rive gauche (disponible sur la chaîne ArdiTube), Bretécher, « le meilleur sociologue français » selon Barthes, se confie sur son enfance et ses idées politiques.

Née à Nantes, dans une famille bourgeoise et catholique, la dessinatrice connaît une enfance de frustrations. « Mon enfance et moi on se parle plus beaucoup, je ne lui trouve aucun charme », détaille-t-elle avant de revenir sur sa situation quand elle est arrivée à Paris au début des années 1960. « J'étais un peu gourde, complètement fauchée, j'habitais dans un carton, je vivais avec un minable, c'était une période atroce, fallait avorter toutes les cinq minutes. » Professionnellement, sa première rencontre avec René Goscinny est un fiasco. « Il m'a jetée en me disant que je ne savais pas travailler. Je n'étais pas vexée, il avait raison. » Elle le retrouvera avec plus du succès quelques années plus tard. Sa carrière prend son envol avec L'Écho des savanes puis la prestigieuse « page des Frustrés » du Nouvel Obs.

Je ne suis pas militante. Dans le militantisme, y a tellement d?extrême ridicule [...] Lire la suite