Clôture positive en Europe mais Wall Street recule encore

LES BOURSES EUROPÉENNES TERMINENT EN HAUSSE

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en hausse vendredi et effacé tout ou partie de leurs pertes de la semaine mais Wall Street est plus hésitante malgré l'annonce de nouvelles initiatives des banques centrales et des gouvernements pour tenter de limiter les retombées économiques de l'épidémie de coronavirus.

À Paris, le CAC 40 affiche en clôture une progression de 5,01% (193,3 points) à 4.048,80 points, sa meilleure performance quotidienne depuis novembre 2011.

A Londres, le FTSE 100 a limité ses gains à 0,76% et à Francfort, le Dax a progressé de 3,7%. L'indice EuroStoxx 50 a pris 3,85%, le FTSEurofirst 300 1,37% et le Stoxx 600 1,82%.

Alors que l'économie mondiale est déjà en contraction selon une enquête de Reuters, l'Allemagne et les Etats-Unis continuent de travailler à des mesures de relance qui pourraient se chiffrer en centaines de milliards d'euros tandis que selon plusieurs sources à Pékin, les autorités chinoises réfléchissent à un plan de soutien de 1.000 milliards de yuans (131,4 milliards d'euros).

Les principales banques centrales ont parallèlement annoncé une accélération de leurs opérations de swaps de devises afin d'améliorer la fourniture de dollars aux marchés et la Banque centrale européenne (BCE) a promis d'assouplir l'application des règles de supervision bancaire pour éviter une explosion du coût du risque dans le secteur bancaire.

Si ces mesures ont contribué au regain d'appétit pour le risque en Europe, elles n'empêchent pas la nervosité de persister à Wall Street: à trois heures de la clôture, le Dow Jones cédait 0,23%, le Standard & Poor's 500 0,61% et le Nasdaq Composite 0,07%.

Au-delà de l'impact sur la volatilité des "quatre sorcières", l'échéance simultanée des options et contrats à terme sur actions et sur indices, ce retrait peut aisément s'expliquer par le fait que malgré les centaines de milliards de promesses d'aides des derniers jours, le flux de mauvaises nouvelles est loin d'être tari.

"Les prévisions de croissance seront bien inférieures à nos estimations initiales. Dans le secteur des entreprises, tout cela se traduira à terme par des révisions à la baisse des bénéfices et des réductions de leurs dividendes", résument Nadège Dufossé, responsable de l'allocation d'actifs, et Florence Pisani, directrice de la recherche économique, chez Candriam dans leur note quotidienne.

"Dans notre scénario principal (...) ce flux de nouvelles économiques négatives est déjà largement pris en compte sur les marchés aujourd'hui, mais avec un risque baissier non négligeable."

Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a perdu 2,05% et le CAC 40 1,69%.


VALEURS

En Europe, le rebond du jour a profité en premier lieu au secteur du transport et du tourisme, le plus durement touché par la tempête des trois dernières semaines.

Son indice Stoxx a repris 9,79%, le spécialiste des croisières Carnival 20,16%, Easyjet 18,3%, Accor 15,21%.

Dans l'aéronautique, Safran a bondi de 19,28%, Airbus 18,7%.


CHANGES

Le dollar cède un peu de terrain face aux autres grandes devises (-0,15%) après les annonces des banques centrales sur leurs lignes de swaps de devises mais il conserve sur l'ensemble de la semaine un gain de près de 4%, sa meilleure performance hebdomadaire depuis la crise financière de 2008, conséquence de la recherche effrénée de liquidités des cambistes.

Ce répit ne bénéficie toutefois pas à l'euro, qui revient à 1,0655 dollar (-0,34%) non loin de son récent plus bas de trois ans.


TAUX

Sur le marché obligataire, le regain d'appétit pour le risque s'est traduit par une baisse des rendements pour la plupart des émetteurs souverains: celui du Bund allemand à dix ans a reculé de 17 points de base à -0,33% après être monté en séance jeudi jusqu'à -0,14%, un pic de plus de dix mois.

Son équivalent français a cédé 15 points à 0,106% et l'italien près de 17 points à 1,66%.

La baisse est plus marquée encore pour le rendement à dix ans américain, qui chute de près de 19 points pour revenir sous 1%.


PÉTROLE

Le rebond du marché pétrolier, pourtant marqué en début de séance, s'est essoufflé au fil des heures.

Vers 17h00 GMT, le Brent abandonne 1,09% à 28,78 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 2,78% à 24,52 dollars.


(Marc Angrand)