Clôture mitigée en Europe, Wall Street dans le désordre

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CLÔTURE MITIGÉE EN EUROPE

par Laetitia Volga

PARIS (Reuters) - Les marchés boursiers en Europe ont fini en ordre dispersé jeudi tandis qu'à Wall Street, les principaux indices évoluaient également dans le désordre dans des marchés sans direction claire, tiraillés entre les attentes sur le reprise et des interrogations sur l'inflation.

À Paris, le CAC 40 a terminé en hausse de 0,28% à 6.357,09 points. Le Footsie britannique a gagné 0,52% et le Dax allemand a avancé 0,17%.

Mais l'indice EuroStoxx 50 a cédé 0,08%, le FTSEurofirst 300 0,25% et le Stoxx 600 0,12%.

Au moment de la clôture européenne, les indices américains évoluaient dans le désordre: le Nasdaq reculait d'environ 0,6%, plombé par les valeurs technologiques alors que le Dow Jones s'adjugeait 0,5% après un nouveau plus haut historique à 34.437,10 et que le S&P-500 prenait 0,3%.

Si les actions ont progressé ces dernières semaines grâce à l'optimisme sur la reprise, les investisseurs restent préoccupés par une potentielle accélération de l'inflation qui contraindrait les grandes banques centrales à resserrer prématurément leur politique.

La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée, comme attendu, mais a annoncé qu'elle allait ralentir le rythme de ses achats d'actifs après avoir nettement relevé sa prévision de croissance.

"La BoE essaye de convaincre le marché en disant que cette décision ne doit pas être interprétée comme un changement significatif dans la façon dont elle voit l'économie, l'orientation politique. Mais on ne peut pas échapper au fait qu'elle a un petit côté faucon", a déclaré Stefan Koopman, économiste senior chez Rabobank.

"Cela rend la situation du côté de la Réserve fédérale encore plus intéressante. Le marché spécule sur un 'tapering', soit une diminution progressive de ses achats d'emprunts, de la Fed en août", a-t-il ajouté.

Robert Kaplan, le président de la Fed de Dallas, a une nouvelle déclaré qu'il souhaitait que la banque centrale américaine commence à discuter de ce sujet sans trop attendre.

VALEURS EN EUROPE

Les cours de plusieurs laboratoires européens et américains impliqués dans le développement de vaccins contre le COVID-19 ont reculé après le soutien de Joe Biden à l'abandon des droits de propriété intellectuelle sur ces vaccins, une annonce inattendue qui a suscité une réaction favorable de la France sur le principe tandis que l'Union européenne s'est dite prête à en discuter.

L'allemand BioNTech, le partenaire de Pfizer (-1,83%), a reculé de 13,36%. Son compatriote Curevac, dans l'attente d'une décision sur l'homologation de son vaccin, a chuté de 18,31%.

A la hausse, Société générale a gagné 5,46% après des résultats trimestriels en net rebond et supérieurs aux attentes grâce notamment à la croissance de ses revenus dans les activités de marché, à la maîtrise de ses charges et à la diminution du coût du risque.

Les comptes de Thales (+2,05%), Legrand (+3,56%), UniCredit (+5%) et Anheuser-Busch InBev (+5,20%) ont été également bien accueillis.

Ceux d'Air France-KLM, qui continue de souffrir de la crise sanitaire, ont en revanche été sanctionnés et l'action a perdu 2,61%.

LES INDICATEURS DU JOUR

Les inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis sont tombées la semaine dernière au plus bas depuis la mi-mars 2020, à 498.000, le marché du travail bénéficiant d'un rebond économique nourri par une amélioration de la situation sanitaire et le soutien massif du gouvernement.

"C'est une preuve supplémentaire que nous nous rapprochons d'une reprise complète, plus tôt que certains auraient pu le prévoir (...) Tous les regards vont se tourner vers la Fed pour voir si et comment cela influencera ses décisions", a déclaré Mike Loewengart, directeur général de la stratégie d'investissement chez E*Trade Financial.

Selon le consensus Reuters, les chiffres mensuels sur l'emploi qui seront publiés vendredi devraient confirmer cette tendance, les économistes tablant sur 978.000 créations de postes pour avril.

En zone euro, les ventes au détail ont augmenté plus qu'attendu en mars, la demande reprenant avec l'assouplissement des restrictions prises face à la pandémie.

TAUX Sur le front obligataire, le rendement des Treasuries à 10 ans cède deux points de base, autour de 1,56%.

En Europe, le rendement du Bund à 10 ans, taux de référence de la zone euro, a fini quasiment stable à -0,226%.

CHANGES

Le dollar recule de 0,34% face à un panier de devises internationales après avoir atteint mercredi son plus haut niveau en deux semaines mercredi.

L'euro en profite pour remonter à 1,2044 dollar. La livre sterling, qui a fait le yo-yo après les annonces de la BoE, recule de 0,19% face au billet vert et de 0,55% contre la monnaie unique.

PÉTROLE

Les craintes concernant la crise sanitaire en Inde pénalisent le marché pétrolier et prennent le pas sur l'annonce mercredi par l'Energy Information Administration d'une baisse beaucoup plus importante que prévu des stocks de brut aux Etats-Unis.

Le Brent abandonne 0,45% à 68,65 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 0,59% sous 65 dollars.

(édité par Marc Angrand)