Clémentine Autain confirme que LFI a reçu un signalement formel et au moins une alerte orale contre Taha Bouhafs

Clémentine Autain (LFI-PCF) à l'Assemblée nationale le 11 mai 2021. - MARTIN BUREAU © 2019 AFP
Clémentine Autain (LFI-PCF) à l'Assemblée nationale le 11 mai 2021. - MARTIN BUREAU © 2019 AFP

"Nous avons pris nos responsabilités". La Nupes et plus particulièrement La France insoumise sont dans la tourmente ce mercredi après que Mediapart a révélé que le retrait de la candidature du journaliste militant Taha Bouhafs aux législatives était également dû à des accusations de violences sexuelles.

La députée insoumise Clémentine Autain a déclaré ce mercredi soir sur Mediapart qu'un premier signalement avait été fait vendredi (transmis samedi à la cellule LFI chargée de lutter contre les violences faites aux femmes) et que des alertes émergeant d'autres femmes avaient été faites.

Confirmant des informations de BFMTV, l'élue de Seine-Saint-Denis a expliqué que ces alertes n'avaient pas encore fait l'objet de signalement formel. Selon nos informations, deux personnes au moins ont déjà saisi le comité contre les violences sexistes et sexuelles du parti de Jean-Luc Mélenchon au sujet de Taha Bouhafes. L'une l'a fait par écrit de façon formelle, l'autre de façon informelle, à l'oral.

Un signalement d'une gravité "jamais rencontrée"

"Le signalement est d’une gravité que nous n’avons jamais rencontrée. On est bouleversés par ce qu’on a lu et entendu", a indiqué Clémentine Autain ce mercredi dans l'émission "À l'air libre". "On a suivi le cadre de la procédure, il y a eu une confrontation après le signalement et nous lui avons indiqué qu’on ne voyait pas bien comment il pouvait être candidat", a-t-elle ajouté.

"Après cette confrontation et avant même la fin de notre procédure interne, Taha Bouhafs a fait le choix de renoncer de lui-même à l’investiture pour les élections législatives", a indiqué La France insoumise dans un communiqué.

Ajoutant que "conformément au souhait exprimé par l’auteure du témoignage, et dans le respect des règles de confidentialité auxquelles s’astreint le comité de suivi, aucune information n’a été rendue publique par nos soins".

Mardi, la députée avait réagi à l'annonce de retrait du journaliste par ces mots: "Il est plus que temps de regarder en face l'injustice, la violence des attaques venues de l'extrême droite, relayées ad nauseam dans les médias, par la macronie et jusque dans certains rangs à gauche, contre un jeune homme sans diplôme, issu des QP et de l'immigration."

Pour l'instant, le journaliste incriminé n'a pas souhaité s'exprimer. À Mediapart il a expliqué se mettre en retrait le temps de la procédure.

"Je crois profondément dans le combat politique contre les violences faites aux femmes et accepte le processus d’accueil de la parole. Je considère que toute personne faisant l’objet d’accusation doit se retirer de la vie publique dans l’attente de la vérification de cette parole. Ce que j’ai décidé de faire", a-t-il commenté avant d'adopter le silence.

Jean-Luc Mélenchon a de son côté réagi dans un tweet, après avoir déploré la veille le retrait du journaliste, quand les révélations de violences sexuelles n'étaient pas encore sorties: "J'apprends les accusations contre Taha Bouhafs. La parole des femmes doit être entendue sérieusement. Je compte sur la commission ad hoc de LFI pour établir la vérité. Cela n'exempte pas les racistes qui l'ont harcelé", a-t-il déploré.

Article original publié sur BFMTV.com

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