Civils tués au Mali: Paris réfute toute bavure et émet des "réserves" sur le rapport de l'ONU

Hugo Septier avec AFP
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Florence Parly, la ministre des Armées - Éric Piermont - AFP
Florence Parly, la ministre des Armées - Éric Piermont - AFP

Quelques minutes après la publication d'un rapport de l'ONU qui conclut qu'une frappe aérienne conduite par l'armée française au Mali début janvier a tué 19 civils réunis pour un mariage, Paris a réagi et réfuté toute bavure militaire.

"Le ministère des Armées maintient avec constance et réaffirme avec force: le 3 janvier, les forces armées françaises ont effectué une frappe aérienne ciblant un groupe armé terroriste identifié comme tel", peut-on lire dans un rapport daté de ce mardi après-midi.

En outre, le ministère des Armées émet des "réserves" sur ce rapport et la manière dont il a été réalisé.

"Le ministère émet de nombreuses réserves quant à la méthodologie retenue par le rapport: elle oppose des témoignages locaux non vérifiables et des hypothèses non étayées à une méthode de renseignement robuste des armées françaises, encadrée par les exigences du droit international humanitaire", peut-on lire.

115 personnes entendues

Les autorités françaises ont toujours assuré qu'il n'y avait pas de mariage, que le renseignement avait "formellement" établi avoir affaire à un des nombreux rassemblements de jihadistes dans la région et que l'intervention d'une patrouille d'avions français lâchant trois bombes avait "neutralisé" une trentaine de jihadistes.

Les éléments disponibles "permettent d'exclure la possibilité d'un dommage collatéral", avait déjà fait savoir en janvier l'état-major français dans un communiqué.

Au terme de l'enquête, d'entretiens directs avec au moins 115 personnes, presqu'autant d'entretiens téléphoniques et un certain nombre d'entretiens de groupes, la Minusma "est en mesure de confirmer la tenue d'une célébration de mariage qui a rassemblé sur le lieu de la frappe une centaine de civils parmi lesquels se trouvaient cinq personnes armées, membres présumés de la Katiba Serma", dit le résumé du rapport.

La Katiba Serma est affiliée au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM en arabe), alliance jihadiste elle-même affiliée à Al-Qaïda.

Au moins 22 personnes ont été tuées, dont trois des membres présumés de la Katiba Serma; 19 sur le coup, 3 au cours de leur évacuation, dit le document.

Article original publié sur BFMTV.com