«Les circonstances nous montrent à quel point l’art est un pilier essentiel de notre humanité»

Sire, Benjamin
Un musicien kurde joue du violon pour les habitants confinés dans leur résidence. Erbil (Irak), 17 mars 2020 / SAFIN HAMED/AFP

FIGAROVOX/TRIBUNE - Le compositeur Benjamin Sire rend hommage aux artistes dont les œuvres nous permettent de surmonter l’épreuve du confinement.

Benjamin Sire est compositeur. Il est membre du Conseil d’Administration du Printemps Républicain.

L’épidémie de coronavirus, et plus encore le confinement qu’elle induit, bouleverse profondément nos vies et nos habitudes. Elle change aussi notre regard sur certaines professions qui, humiliées parfois, méprisées souvent, dévalorisées presque en permanence, forment pourtant l’admirable cohorte des premières lignes de la République.

Ce sont ces personnels soignants qui, depuis des mois, si ce n’est des années, crient leur malaise à tue-tête dans l’effroyable indifférence des pouvoirs publics. Ceux qui, dans le quotidien d’un service public délabré, font face à la violence et à l’incivisme croissant des populations à l’heure de l’individu roi. Et nous voilà chaque soir à les applaudir à nos fenêtres, entre prise de conscience et parfois hypocrisie, nous rendant compte qu’ils mettent leur vie en péril pour sauver les nôtres.

Ce sont ces pompiers, qui, il y a peu encore, laissaient éclater leur colère sur les boulevards, pointant la constance de leur absence de revalorisation salariale, autant que l’exercice de plus en plus périlleux de leurs interventions, dans certains quartiers notamment.

Ce sont ces enseignants, aux revenus trop faibles, dont toute une partie du travail invisible est moquée, qui exercent parfois la peur au ventre, dont les vies et la mobilité sont soumises aux caprices kafkaïens de leur administration, et qui, ces derniers jours, se plient en quatre pour assurer une improbable continuité pédagogique.

Ce sont ces policiers épuisés, mobilisés chaque semaine depuis des mois par la crise des gilets jaunes, puis par les manifestations contre la réforme des retraites, qui sont aujourd’hui sommés d’exposer leur santé sur l’autel du maintien de l’ordre et du contrôle de ces si françaises attestations de (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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