Ciotti, Retailleau, Pradié: trois styles pour la tête de LR

Droite "qui s'assume" pour Eric Ciotti, rassemblement pour Bruno Retailleau, renouvellement pour Aurélien Pradié: dans la course à la présidence de LR, les trois candidats qui se retrouvent samedi à La Ciotat jouent chacun leur partition.

ERIC CIOTTI

Le député des Alpes-Maritimes, finaliste de la primaire de LR pour la présidentielle, a été le premier à se lancer, le 26 juillet.

Sous le slogan "la droite au coeur", le patron de la fédération des Alpes-Maritimes représente une ligne sécuritaire et identitaire, avec pour boussole les thèmes d'autorité, de liberté et de travail.

Vantant sa fidélité au RPR puis à LR, il promet "une thérapie de choc" pour une droite qui "s'assume" et "ne cède pas au politiquement correct". Pendant la campagne présidentielle, il avait assuré qu'il préfèrerait voter Eric Zemmour qu'Emmanuel Macron.

Ce langage musclé plaît à la droite du sud-est mais inquiète parmi les élus, qui redoutent que son arrivée fasse fuir les modérés. Les alliés centristes pourraient aussi prendre leurs distances.

Pour élargir son message au delà de la seule immigration, le questeur de l'Assemblée nationale prône une baisse des impôts "d'au moins 125 milliards d'euros sur un quinquennat".

Plus identifié dans le grand public après la primaire de 2021, Eric Ciotti, 56 ans, passe aussi pour le mieux à même de "faire des cartes", c'est à dire engranger des adhésions au parti, avant l'élection du 3 décembre.

Il a plusieurs fois affiché son soutien à Laurent Wauquiez, qu'il aimerait voir désigner candidat à la présidentielle dès 2023.

BRUNO RETAILLEAU

Patron des sénateurs LR, il n'envisageait pas initialement de se lancer dans la course, ayant déjà renoncé pour la primaire l'an dernier.

Mais les pressions des sénateurs l'ont convaincu, assure-t-on dans son camp, pour incarner une alternative face à un Eric Ciotti jugé clivant.

Le sénateur de Vendée, 61 ans, représente l'aile conservatrice et libérale de LR dans cette élection (il est issu du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers).

Fort de son expérience du compromis au sénat, il se fait fort de rassembler mais promet aussi de "tout changer" pour "créer un nouveau parti".

Classiquement à droite, il plaide pour "plus de sécurité, moins d’impôts et d'immigration".

Si les fédérations de l'ouest ne sont pas les plus actives chez LR, Bruno Retailleau peut s'appuyer sur le précieux acquis de Force républicaine, le micro-parti que François Fillon lui a légué son fichier d'adhérents.

Depuis sa déclaration de candidature le 2 septembre, il a engrangé les soutiens, de Gérard Larcher à François Fillon en passant par François-Xavier Bellamy. Le gaulliste et souverainiste Julien Aubert, patron d'Oser la France, le soutient aussi.

Dans la cruciale course aux cartes, il a déjà appelé LR à installer de "vrais garde-fous" pour assurer la loyauté du scrutin.

AURELIEN PRADIE

Le numéro 3 des Républicains fait figure de challenger dans la course, qu'il a officiellement rejoint lundi.

Héraut de la "droite populaire", engagé sur les questions de handicap et de violences faites aux femmes, il est parfois jugé trop à gauche dans son propre camp. Autre difficulté: sa parole acérée lui a créé des inimitiés.

A 36 ans, le député du Lot a le soutien de plusieurs députés représentant la "jeune garde" de LR -- Julien Dive, Pierre-Henri Dumont, Raphaël Schellenberger --  et compte mener une campagne de terrain dans 50 départements.

"Nous sommes aujourd'hui en danger de mort" affirme le secrétaire général de LR qui veut "assumer la rupture, y compris avec Nicolas Sarkozy" et promet de "tout changer: le nom, le siège, notre organisation, notre message".

Il veut aussi élargir son message: sur l'immigration il propose que les titres de séjour soient "probatoires", et sur les retraites il plaide pour une réforme via le nombre d'annuités plus que le recul de l'âge de départ.

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