Cinquante ans après le manifeste des 343 sur l'IVG, une nouvelle tribune défend la cause des femmes

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Cinquante ans après le « manifeste des 343 », 343 personnalités françaises d'aujourd'hui publient, ce 4 avril, dans le « Journal du Dimanche » une nouvelle tribune pour réclamer l'allongement des délais légaux d'accès à l'IVG.

C'était il y a 50 ans, le 5 avril 1971. 343 femmes, célèbres ou anonymes, reconnaissaient avoir avorté illégalement et demandaient la légalisation de l'IVG. Un manifeste qui a constitué une étape majeure en France sur le chemin du droit à l'avortement.

Aujourd’hui, 343 personnalités françaises se mobilisent à nouveau pour cette cause. La chanteuse Vanessa Paradis, l'actrice Isabelle Carré ou bien encore l'ancienne ministre Najat Vallaud-Belkacem ont signé cette tribune publiée ce dimanche dans le JDD.

« Le patriarcat freine nos choix »

« Nous n'avons pas encore acquis la propriété pleine et entière de nos corps. Le patriarcat freine nos choix », écrivent-elles, réclamant l’allongement des délais légaux d’accès à l’IVG. Aujourd’hui, le délai pour avorter est de 12 semaines de grossesse et rend les femmes dépendantes des médecins, en premier lieu, qui décident s'il y a une raison médicale d'interrompre une grossesse au-delà.

Dépendantes aussi de leur « situation socio-économique », jugent encore les signataires de cet appel car celles qui en ont les moyens vont se faire avorter à l'étranger.

Deux semaines de plus ne changent rien

En février dernier, une proposition de loi visant à faire passer ce délai à 14 semaines avait relancé les débats, y compris au sein de la communauté médicale. Israël Nisand, président du Collège national des gynécologues et obstétriciens, s'était d’ailleurs prononcé contre. Selon lui, la taille du fœtus rendrait l'intervention compliquée.

Un avis que ne partage pas le Comité consultatif national d'éthique et de nombreux médecins, pour qui deux semaines de plus ne changent rien. Le texte avait finalement dû être retiré face à l'avalanche d'amendements déposés par la droite.