Cinq questions pour préserver son audition

FREDERIC CIROU / AFP

Prévention, diagnostic et appareillage permettent de préserver son audition à tous les âges. Revue des bons réflexes et équipements utiles.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°907, daté septembre 2022.

1. Comment notre audition vieillit-elle ?

Comme toute fonction de notre organisme, l'audition est une faculté qui s'érode avec l'âge. Ce vieillissement -appelé presbyacousie - s'enclenche avant même que l'on ne ressente de gêne puisqu'il affecte en premier les fréquences aiguës, les moins perceptibles. Les femmes paraissent moins touchées grâce aux œstrogènes, dont les vertus sont protectrices pour les tympans : les premiers signes de perte d'audition se manifestent autour de 30 ans chez les hommes… mais à 50 ans chez les femmes ! Le principal facteur de risque reste les nuisances sonores extérieures. Les précieuses cellules ciliées logées dans l'oreille interne et chargées de réceptionner les sons pour les transmettre au cerveau se dégradent précocement sous l'effet de sons trop forts ou écoutés trop longtemps (le seuil de 85 décibels (dB) est jugé limite et celui de 115 dB entraîne des dommages immédiats). "La cochlée qui héberge ces cellules est un organe très performant mais qui a peu évolué depuis Neandertal, explique le professeur Jean-Luc Puel, directeur de l'Institut de neurosciences de Montpellier. Elle est mal adaptée à nos environnements bruyants. "

2. Comment notre environnement contribue-t-il aux problèmes auditifs ?

Si un décollage d'avion (120 dB) ou une tondeuse à gazon utilisée sans protection (90 dB) peuvent causer des traumatismes auditifs, notre environnement quotidien maltraite aussi de manière insidieuse nos oreilles. Musique dans nos écouteurs, brouhaha des conversations ou vrombissements de la circulation : une vraie "pollution sonore" nous entoure, sans que nous en ayons souvent conscience. Et pour cause : les volumes sonores n'y dépassent généralement pas les 85 dB réglementaires. Pourtant, l'exposition prolongée à ces sons peut suffire à malmener une autre partie clé de notre audition : le nerf auditif. Celui-ci assure le traitement du signal p[...]

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