Cinq Britanniques touchés par le nouveau coronavirus en France

Frédéric POUCHOT, Sébastien RIEUSSEC
Cinq Britanniques touchés par le nouveau coronavirus en France

Annecy (AFP) - Cinq nouveaux malades du coronavirus apparu en Asie ont été repérés et hospitalisés sans signe de gravité en France, des Britanniques ayant côtoyé fin janvier dans un chalet de Haute-Savoie un compatriote de retour de Singapour.

Ces cas représentent un "cluster", c'est-à-dire un regroupement de plusieurs cas autour d'un "cas initial", un ressortissant britannique ayant séjourné à partir du 24 janvier, pour quatre jours, aux Contamines-Montjoie en Haute-Savoie, a annoncé samedi la ministre de la Santé.

Ce Britannique revenait de Singapour, a précisé Agnès Buzyn devant la presse.

Ces cinq personnes positives au nouveau coronavirus - quatre adultes et un enfant - mais aussi d'autres "contacts proches" de ce Britannique, "soit 11 personnes au total, toutes de nationalité britannique", qui résidaient toutes dans le même chalet, ont été hospitalisées dans la nuit de vendredi à samedi à Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, selon la ministre.

"Leur état clinique ne présente aucun signe de gravité", a-t-elle précisé.

Si dans cette station de ski, les autorités et une partie des habitants appellent à ne pas céder à la psychose, d'autres peinent à cacher leur inquiétude.

Mme Buzyn se rendra dimanche dans ce village, où la saison touristique bat son plein avec le début des vacances d'hiver des Parisiens.

Selon le maire des Contamines-Montjoie, Etienne Jacquet, la ministre "pourra rencontrer les familles, les parents d’élèves pour leur expliquer concrètement, comme elle sait le faire, que toutes les mesures sont mises en œuvre pour assurer la sécurité sanitaire sur l’entièreté du territoire des Contamines-Montjoie".

A Annecy, le directeur de l'Agence régionale de Santé (ARS) d'Auvergne-Rhône-Alpes, Jean-Yves Grall, a annoncé dans l'après-midi devant la presse la fermeture "la semaine prochaine" des deux établissements scolaires fréquentés par l'enfant atteint, âgé de 9 ans. Scolarisé habituellement aux Contamines-Montjoie, où l'école accueille 95 élèves, cet élève de CM1 avait suivi des cours de français jeudi matin dans une école de Saint-Gervais, fréquentée par environ 200 élèves.

Le maire de Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex a tenu à relativiser le risque de contamination dans l'école de sa commune où le jeune Britannique "n'a pas côtoyé toute une école mais il a côtoyé une demi-journée cinq élèves".

"Il ne faut pas paniquer toute une population. C'est une grippe mais ce n'est pas une évacuation du territoire".

Le Dr Anne-Marie Durand, directrice de la santé publique de l'ARS a rappelé qu'un contact "entre personnes, rapproché et prolongé" était nécessaire pour une contamination.

- "désinfection des chalets" -

Les 11 personnes hospitalisées ont séjourné dans deux chalets de la station, sept personnes dans l'un et quatre dans l'autre.

"L'ARS a fait procéder à une désinfection des chalets et se charge de trouver tous les cas contacts", a indiqué M. Jacquet, qui ne sait pas quel moyen de transport ces touristes britanniques ont emprunté pour venir en Haute-Savoie.

Le ressortissant britannique à l'origine de ces cinq nouvelles contaminations est lui-même rentré le 28 janvier en Angleterre, et n'est pas inclus dans les décomptes du ministère de la Santé.

Ces nouveaux cas s'ajoutent aux six relevés jusqu'ici sur le territoire français. Des patients toujours hospitalisés même si plusieurs vont mieux et pourraient sortir d'ici quelques jours.

L'un d'entre eux, cependant, un patient chinois de 80 ans en réanimation à Paris est "toujours dans un état critique", a rappelé samedi le directeur général de la Santé, le Pr Jérôme Salomon.

Pour informer les habitants de Haute-Savoie, un numéro de téléphone dédié à ce "cluster" a été ouvert: le 0800 100 379 et une réunion d'information s'est tenue à 19H00 aux Contamines-Montjoie.

En campagne au Havre, le Premier ministre Edouard Philippe est rentré à Paris pour une réunion des ministres concernés à la mi-journée, qui n'a pour l'heure débouché sur aucune annonce.

Les autorités sanitaires, en France comme à Singapour, mènent désormais une vaste enquête pour remonter à la source de ces contaminations et vérifier si d'autres personnes ont pu être infectées.

En Angleterre, les services de santé publique (PHE) ont indiqué qu'ils se rapprochaient "des personnes ayant été en contact rapproché avec les cas confirmés au Royaume Uni pour un suivi sanitaire", tout en précisant "travailler étroitement avec les autorités françaises" dans le suivi de ce dossier.

- Enquête internationale -

"C'est maintenant une opération importante d'identification des cas contacts qui commence", a reconnu la ministre de la Santé.

Selon le Pr Salomon, dans le cadre de cette "investigation internationale", les autorités françaises enquêtent en relation étroite avec leurs homologues de Singapour notamment sur une réunion professionnelle qui s'est déroulée dans un hôtel de la cité-Etat du 20 au 22 janvier, et à laquelle "94 étrangers" ont participé.

Depuis, des "clusters" ont été signalés parmi des participants à cette réunion en Malaisie et en Corée du Sud, et un autre cas de contamination, d'une personne qui aurait également participé à cet événement professionnel à Singapour, a été annoncé au Royaume-Uni, a-t-il détaillé.

Le nouveau coronavirus, apparu en décembre dans la ville de Wuhan (centre de la Chine), a déjà contaminé plus de 34.500 personnes et tué 722 patients en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), soit 86 décès supplémentaires en 24 heures, le plus lourd bilan quotidien à ce jour,selon le dernier bilan samedi des autorités sanitaires chinoises.

L'épidémie continue de se propager ailleurs dans le monde, avec plus de 320 cas de contamination confirmés dans une trentaine de pays et territoires.

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