Cinéma: «Les repentis (Maixabel)» d'Iciar Bollain, «on a tous le droit à une deuxième chance»

© Epicentre Films

Sur les écrans ce mercredi 9 novembre, le dernier long métrage de la réalisatrice espagnole Iciar Bollain. Ce film, multiprimé en Espagne, raconte la rencontre entre la veuve d'un haut fonctionnaire assassiné par l'ETA, au Pays basque, et les bourreaux de son mari. Une histoire de deuil, de regrets, mais aussi de rédemption.

Ce n'est ni vraiment l'histoire d'un pardon, ni celle d'une réconciliation, mais peut-être plutôt celle d'une rédemption. Un film politique, étant donné l'histoire et le contexte, mais surtout un film « moral » qui raconte comment des individus reviennent au bien (« maintenant je veux faire du bien », dit l'un des assassins) ou du moins à la vie, allant vers l'autre, en questionnant le pourquoi du geste fatal, en disant le poids du chagrin. C'est ce long et douloureux processus, pour les deux parties antagonistes, que raconte le film, inspiré d'une histoire vraie, celle de Maixabel Lasa.

Il pointe aussi les questionnements des repentis de l'ETA emprisonnés : peut-on collaborer avec un État espagnol que l'on a toujours combattu, comment sortir d'un collectif même si on a renié la lutte armée, comment vivre avec les meurtres que l'on a commis ? Comment aussi envisager une réintégration sociale et familiale dans un Pays basque où la mémoire de cette histoire violente est très fraîche et où les passions sont encore vives ? Ceux qui ont renié la lutte armée sont aussi accusés d'avoir trahi la cause y compris par ceux qui n'ont pas beaucoup mouillé leur chemise...

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