Cinéma: règne animal et déclin humain dans la nouvelle "Planète des singes"

Le réalisateur américain Wes Ball (d) et le producteur Joe Hartwick lors de l'avant-première du film "La planète des singes: le nouveau royaume" à Londres, le 25 avril 2024 (HENRY NICHOLLS)
Le réalisateur américain Wes Ball (d) et le producteur Joe Hartwick lors de l'avant-première du film "La planète des singes: le nouveau royaume" à Londres, le 25 avril 2024 (HENRY NICHOLLS)

La théorie de l'évolution en terrain inconnu: dans "La planète des singes: le nouveau royaume", en salles mercredi, les humains ont perdu le langage et des primates doués de raison règnent sur Terre, avec des desseins plus ou moins pacifistes.

Lointain descendant du roman du Français Pierre Boulle paru en 1963, ce nouveau volet de la saga ramène l'Homme à l'état sauvage et le réduit au rang de spectateur impuissant des soubresauts du monde.

Dans ce futur indéterminé où la jungle a recouvert ce qu'il reste des mégalopoles, les primates ont la main, la parole et le pouvoir.

Certains comme Noa, jeune chimpanzé écrasé par un sévère complexe d'Oedipe, vivent en harmonie au milieu de la nature, dans des constructions en bois qui offrent au film réalisé par Wes Ball des tableaux d'une saisissante beauté.

D'autres ont le goût de la guerre. Menés par le sanguinaire gorille Proximus César, ils s'attaquent au clan de Noa pour traquer une jeune femme (Freya Allan), rare présence humaine dans le film, qui détiendrait les clés de la suprématie militaire tout en étant considérée comme appartenant à une espèce inférieure.

Les humains "sont un peu lents avec cette partie du corps", dit ainsi un chimpanzé en désignant son cerveau.

Laissé pour mort après l'attaque de son village, Noa va entreprendre un long voyage pour libérer les siens, réduits en esclavage près d'un immense paquebot échoué où Proximus César a installé son quartier général et ses rêves de grandeur.

Comme dans les récents épisodes de la franchise, la technologie de la "motion capture" --capteurs sur le corps et caméra fixée à l'avant du crâne-- permet aux acteurs d'imprimer mouvements et expressions aux chimpanzés, orangs-outans et autres gorilles, reconstitués ensuite numériquement.

Effet visuel garanti, y compris pour les acteurs. "J'ai eu la chair de poule, des larmes ont commencé à couler", énumère Kevin Durand pour décrire à l'AFP sa réaction en découvrant à l'écran son personnage de Proximus César.

"J'ai toujours aimé l'idée de disparaître derrière mes personnages et c'est la première fois que j'ai le sentiment d'y être parvenu à 100%", ajoute-t-il.

Se pourrait-il toutefois que cette technologie ou l'intelligence artificielle finissent par sonner le glas des acteurs en chair en os? L'acteur canadien, 50 ans, ne veut pas y croire mais espère "rester utile assez longtemps pour pouvoir devenir un très vieil acteur".

jt/pel/fan