Cinéma: «Plan 75», l’euthanasie de masse pour les vieux

Avec « Plan 75 », qui vient de sortir dans les salles en France, la réalisatrice japonaise Chie Hayakawa a créé une œuvre cinématographique impressionnante - bouleversante par ses images et le trouble moral véhiculé. Au cœur de cette fiction terriblement réaliste, située dans un futur proche, est le vote d’un gouvernement japonais permettant l’euthanasie de masse pour les personnes de plus de 75 ans.

La question cruciale de Plan 75 n’est pas la volonté d’un malade souffrant d’une maladie aussi mortelle qu’insupportable qui décide d’avoir recours à l’euthanasie. La force incroyable du film consiste à rendre crédible l’installation par l’État d’un système de manipulation et de pression sociale poussant massivement des personnes âgées en bonne santé dans des centres de la mort créés exprès pour alléger le poids financier de l’État.

« Ce n’est pas un film pro-euthanasie »

« Je tiens d’abord à dire que ce film n’est pas un film pro-euthanasie », affirme Chie Hayakawa, comme pour s’excuser de l’immense impact de ses images sur les spectateurs. Plan 75 commence avec des scènes dignes d’une peinture impressionniste, avec des tonalités verdâtres, l’apparition de la silhouette d’un tronc d’arbre derrière une vitre tachée. En même temps, nous assistons à un scénario choc : un jeune homme, fusil à la main, exécute froidement les pensionnaires d’une maison de retraite.

Mention spéciale de la Caméra d’or au dernier Festival de Cannes, Plan 75 est actuellement en lice pour les Oscars.


Lire la suite sur RFI