Le cinéaste algérien Farouk Beloufa est mort

Libération.fr

Père de l'artiste Neïl Beloufa, il est l'auteur du désormais fameux «Nahla», tourné à Beyrouth au milieu des années 70.

Le cinéaste Farouk Beloufa, né en 1947, est mort le 9 avril à Paris. Figure célébrée et maudite du cinéma algérien, il était l’auteur d’un unique long métrage devenu mythique : Nahla, tourné à Beyrouth au milieu des années 70, en une période troublée de l’histoire du Liban contemporain, dont il se fait l’écho avec une intensité rare. Invisible dans les décennies qui suivirent sa sortie remarquée, le film est redécouvert à partir de 2009 en Algérie, pour la joie des cinéphiles du monde entier. Cette réapparition sera l’occasion de retrouver la parole d’un homme dont la mémoire du cinéma savait trop peu.

«Le cinéma, pour moi, c’était la peur»

Dans un entretien avec le critique Samir Ardjoum, il raconte la naissance, légendaire et comique, de sa vocation. «Je suis né à Oued Fodda, un petit village près de El Asnam (ex-Orléansville) appelé aujourd’hui Chlef. […] Mon père était inspecteur des impôts et tous les soirs, il allait au cinéma pour le "contrôle". Dès qu’il partait, j’y allais en courant pour ne pas rater la séance. […] Arriver avant mon père, voir le film et rentrer chez moi avant mon père : c’était intense. Le cinéma, pour moi, c’était la peur.» Son fils, l’artiste Neïl Beloufa, expose en ce moment au Palais de Tokyo et vient de signer un long métrage de fiction. Entre l’Oued Fodda des années 50 et le Paris des années 10, il y a le temps d’une génération, peut-être manquante, dont l’histoire reste à écrire. Pour le spectateur de Nahla, une chose est sûre : le cinéma de la peur était aussi un cinéma de la liberté.

Le jeune Farouk Beloufa part à Alger aux temps de l’indépendance, puis dans le sud de la France. Revenu dans la capitale au milieu des années 60, il fréquente l’illustre Cinémathèque d’Alger, devient critique de films et intègre l’INC, éphémère école de cinéma algérienne, qu’il quitte pour Paris et l’Institut des (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

Festival de Cannes
Disparition L’acteur R. Lee Ermey, 74 ans, passe l’arme à gauche
Forman on the moon
Milos Forman deus ex-cinéma
Disparition Le cinéaste italien Vittorio Taviani laisse son frère