En ciblant l’aéroport de Damas, Israël vise le trafic d’armes entre la Syrie et l’Iran

PHOTO LOUAI BESHARA/AFP

Dans la nuit du 1er au 2 janvier, l’armée israélienne a mené des frappes aériennes sur l’aéroport de Damas, la capitale syrienne, tuant quatre personnes – deux soldats syriens et vraisemblablement deux combattants appartenant à des groupes armés soutenus par l’Iran.

Depuis le début du conflit syrien en 2011, Israël a mené des centaines de frappes en Syrie, ciblant notamment des positions de l’armée syrienne et des forces pro-Téhéran.

Mais c’est la deuxième fois en six mois que le principal aéroport du pays est mis hors service. En juin, un raid israélien avait interrompu l’ensemble du trafic aérien pendant deux semaines.

Trois mois plus tard, en septembre, c’est l’aéroport d’Alep, deuxième plus grande ville de Syrie, qui était ciblé par Tsahal et a dû fermer plusieurs jours.

Empêcher les liaisons Téhéran-Damas

Selon le média syrien d’opposition Enab Baladi, qui cite notamment un article du quotidien russe Nezavissimaïa Gazeta intitulé “Israël prêt à paralyser les aéroports syriens”, le choix de ces cibles fait partie d’une stratégie israélienne claire :

“Sous le prétexte d’empêcher l’acheminement d’armes iraniennes [vers la Syrie], Israël poursuit ses efforts pour perturber les aéroports syriens et empêcher le rétablissement [total] de la liaison aérienne entre la Syrie et l’Iran.”

L’État hébreu, qui voit d’un très mauvais œil l’influence militaire croissante à ses portes de l’Iran, son ennemi juré, et de ses forces supplétives, veut entraver la livraison d’armes en provenance d’Iran.

Interrogé par Enab Baladi, un ancien pilote de l’armée de l’air syrienne explique que, pendant les premières années de l’intervention de Téhéran pour soutenir le régime de Damas, le transport d’armes iraniennes vers la Syrie était avant tout terrestre, mais la présence du groupe djihadiste État islamique dans le désert syrien de la Badiya, frontalier de l’Irak, “a renforcé le recours à l’aviation”.

Au point que, selon une récente publication du centre Harmoon pour les études contemporaines citée par le média syrien, “les trois dernières années ont été marquées par une forte augmentation de la dépendance de l’Iran” vis-à-vis de cette ligne aérienne.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :