Chypre: Erdogan appelle à deux États séparés

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En visite ce dimanche dans la partie nord de Chypre, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à des pourparlers sur la base de « deux États séparés » sur cette île de la Méditerranée divisée depuis 46 ans. Le chef de l’État turc devait notamment assister à une parade militaire et participer à un « pique-nique » à Varosha, une ancienne cité balnéaire bouclée par l’armée turque lors de son invasion de l’île en 1974. La venue de Recep Tayyip Erdogan avait été qualifiée par le président chypriote grec Nicos Anastasiades de « provocation sans précédent ».

De notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Recep Tayyip Erdogan s’est rendu à Chypre-Nord pour répéter haut et fort ce qui est désormais la position officielle de la Turquie : une réunification de Chypre, qui permettrait aux Chypriotes grecs et turcs de partager un même État, n’est plus une option. Le président turc a donc appelé à entamer des « pourparlers pour une solution sur la base de deux États séparés ».

Son hôte, Ersin Tatar, le président fraîchement élu de cette République autoproclamée de Chypre-Nord, plaide également pour une solution à deux États. Protégé d’Ankara, il réclame le maintien du pouvoir garant de la Turquie et des quelque 30 000 soldats turcs toujours présents sur l'île.

C’est notamment sur cette question – la présence de troupes turques à Chypre – que les derniers pourparlers de paix sous l’égide des Nations unies avaient échoué en 2017. « Vous ne pouvez faire sécher le linge d'aujourd'hui avec le soleil d'hier », a lancé Recep Tayyip Erdogan, en référence aux tentatives de réunification infructueuses.

Le président turc s’est aussi montré inflexible sur les recherches d’hydrocarbures de son pays en Méditerranée orientale, au coeur de vives tensions avec la Grèce et la République de Chypre. Il a promis de poursuivre ces activités « avec détermination », et ce, tant qu’un « accord juste » n’aura pas été trouvé.