"La chute de la maison Mélenchon", autopsie de la France insoumise

Thomas Guénolé, ici à gauche de la photographie, a quitté la France insoumise en plein coeur de la campagne des européennes.

C'est le réquisitoire chirurgical d'un homme en colère. Évacuons tout de suite le biais inhérent à la publication de La chute de la maison Mélenchon (Albin Michel) : Thomas Guénolé a évidemment un sérieux compte à régler avec la France insoumise. Après avoir rejoint le mouvement à l'été 2018, le politologue l'a quitté en avril dernier en publiant un communiqué fracassant, dénonçant un Jean-Luc Mélenchon devenu "autocrate". Quelques heures plus tard, LFI dégainait une réponse indiquant avoir reçu un signalement pour "des faits pouvant s’apparenter à du harcèlement sexuel de la part de Thomas Guénolé". Après des règlements de compte médiatiques, l'éphémère Insoumis, qui figurait initialement sur la liste LFI à l'élection européenne, a attaqué le mouvement de Jean-Luc Mélenchon en justice.

L'ouvrage de Thomas Guénolé peut se décomposer en trois parties : la première fait le récit détaillé des événements qui ont conduit l'auteur d'Antisocial à claquer la porte de LFI, qu'il décrit comme une "machine à broyer". Le politologue aurait pu éviter les références trop fréquentes à l'URSS stalinienne, qui desservent son propos, il n'empêche que les faits relatés de l'intérieur et avec précision produisent leur effet chez le lecteur. Craignant que Guénolé ne rende publiques ses réserves sur le fonctionnement interne du mouvement, la France insoumise semble bien avoir saisi l'occasion d'un signalement fantoche pour exfiltrer le politologue au terme d'une procédure inique : convocations aux allures d'interrogatoire, refus répété et incompréhensible d'indiquer à Guénolé sur quoi reposaient les accusations, rejet de la présence d'un avocat… L'instrumentalisation de la plainte reçue par le "pôle de vigilance et d'écoute contre les violences sexuelles et sexistes" est d'autant plus problématique que que les "faits" à l'origine du signalement ne semblent absolument pas relever du harcèlement sexuel, comme l'a montré

Lire la suite