CHUCK BERRY Vers l’autre riff

Libération.fr

Père fondateur du rock’n’roll, le musicien canaille est mort samedi à 90 ans. Son jeu électrique, son énergie scénique et une dizaine de standards emblématiques auront changé la pop culture.

Il n’est pas nécessaire d’avoir lu quinze livres théoriques sur le sujet pour savoir que le rock n’a pas d’origine unique, qu’il n’est pas né en un seul lieu, d’une seule sensibilité ou dans un seul sillon pressé de 45-tours. Comme l’écrit Nick Tosches dans ses Héros oubliés du rock’n’roll, il a «lentement évolué, forgé par des Noirs et par des Blancs, parfois vieux, parfois jeunes, au sud et à l’ouest, au nord et à l’est des Etats-Unis». Si un riff de guitare en revanche a le pouvoir de transmettre en un instant, à quiconque de ce côté de la planète, de quoi le rock retourne, il a été composé par Chuck Berry. Celui qui ouvre Johnny B. Goode bien sûr, imaginé par Berry trentenaire en pensant à sa jeunesse à Saint-Louis, édité par Chess Records fin janvier 1958.

Et peu importe si d’autres riffs de Bo Diddley ou T-Bone Walker ont plus compté pour l’inframonde, ou si ses notes furent inspirées par l’intro du tube rhythm’n’blues Ain’t That Just Like a Woman de Louis Jordan, sorti douze ans plus tôt : c’est sous les doigts de Berry, joué à toute berzingue sur sa Gibson demi-caisse puis légèrement ralenti par son flegme plein d’esprit, qu’il a fait dévier la musique populaire américaine tout entière, puis celle du Londres cherchant encore son swing (Keith Richards bien sûr, qui avoua au Rock’n’Roll Hall of Fame tout juste ouvert, juste avant de décerner un trophée à Berry, qu’il lui avait piqué tous ses plans de guitare) ou de Paris (les yéyé), presque instantanément après.

«Il fallait viser la population entière»

Par-delà l’expressivité twang de son jeu de guitare, la légende de Chuck Berry est celle d’un inventeur polymorphe. Elle tient tout autant à la forge d’une gestuelle de danseur, d’un idiolecte de conteur, d’un imaginaire trempé des mêmes mythes desquels allait germer la société (...)

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