Chroniques sénégalaises

Daara J Family © Alun Be et Guiss Guiss Bou Bess © Jean-Baptiste Joire

Au printemps 2011, les rues de Dakar bouillaient de colère. Contre un président (Abdoulaye Wade) prêt à confisquer la démocratie et l’alternance, le Sénégal s’était levé pour dire non et faire flancher les tout-puissants. A la tête des manifestations et revendications, des rappeurs, ceux du collectif “Y’en a marre”. Neuf ans plus tard, la scène rap, hip-hop et électro du pays de la Téranga ne baisse pas la garde et veille au grain. Daara J Family revient ainsi dans l’actualité avec un 6e album Yaamatele, plus engagé que jamais. Guiss Guiss Bou Bess, lui, défie la tradition figée avec son électro sabar et un premier album remarquable, Set Sela.

Sur les photos promotionnelles de leur nouvel album, ils posent en tenue traditionnelle ou blouson noir, un livre à la main pour Ndongo D (Afrotropia du libre penseur Felwine Sarr), quand il ne les joint pas en signe de prière ; une tablette diffusant sa lumière bleue dans celles de Faada Freddy. Patrimoine et modernité réunis, voilà bien la signature de Daara J Family dont la force de frappe a toujours été d’interroger les temps modernes en regard de leur héritage sénégalais. Mais c’est aussi le sujet de Yaamatele : tirer la sonnette d’alarme sur la dépendance des jeunes aux écrans (Yaamatele est à l’origine le personnage d’un dessin animé des années 80 avec un écran de télévision à la place du ventre) ; les exhorter à rester maître d’eux-mêmes, à délaisser «

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