CHRONIQUE. Les villes sont des points chauds du changement climatique

Creative Touch Imaging Ltd / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les "îlots de chaleur" urbains s'accompagnent souvent de conditions plus sèches et moins ventées, favorisant en outre les pics de pollution.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°905-906, daté juillet-août 2022.

Les villes forment un véritable microclimat caractérisé par des risques exacerbés. Les extrêmes chauds sont amplifiés par les matériaux qui stockent l'énergie solaire et la restituent la nuit (routes, bâtiments, etc.), et par la production directe de chaleur par les activités dans les villes (chauffage, air conditionné, moteurs thermiques, etc.). Lors de la canicule de 2003, la différence de température de nuit entre Paris intra-muros et sa banlieue a atteint entre 6 et 8 °C.

Des pics de pollution favorisés

Ces "îlots de chaleur" urbains s'accompagnent souvent de conditions plus sèches et moins ventées, favorisant les pics de pollution. Les villes d'Inde et du Pakistan viennent de vivre des épisodes de chaleur très lourds de conséquences et sans précédent par leur durée. Un avant-goût du climat de demain pour beaucoup de mégalopoles car on s'attend à ce que le développement urbain, combiné à des vagues de chaleur plus fréquentes, aggrave le stress thermique, avec des répercussions graves sur la santé des plus vulnérables, les personnes âgées et les jeunes enfants, ou sur celle des plus exposés, les personnes qui travaillent en extérieur en particulier.

Penser différemment les choix d'urbanisation

Certaines solutions dites fondées sur la nature, comme la création d'îlots de fraîcheur par des espaces verts publics, sont efficaces pour que nos villes ne deviennent pas des fournaises tout en améliorant le bien-être des habitants. S'il est urgent d'adapter les villes, il est aussi essentiel de penser les choix d'urbanisation pour limiter les vulnérabilités et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Céline Guivarch est directrice de recherche à l'École des ponts, auteure principale du 6e rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), groupe 3 et Christophe Cassou est directeur de recherche au CNRS, auteur principal du 6e rappo[...]

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