CHRONIQUE. Dans la lutte contre le changement climatique, n'oublions pas le méthane !

Kevin Dietsch / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Réduire les rejets de méthane est un levier potentiellement très efficace pour limiter le réchauffement des prochaines décennies, rappellent dans leur nouvelle chronique Christophe Cassou et Céline Guivarch.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°904, daté juin 2022.

Le méthane est le deuxième contributeur anthropique au réchauffement planétaire observé. Son pouvoir de réchauffement est environ 80 fois plus élevé que celui du CO2 sur vingt ans, mais il se dégrade rapidement (avec une durée de vie de l'ordre de douze ans). Réduire les rejets de méthane est donc un levier potentiellement très efficace pour limiter le réchauffement des prochaines décennies. Pourtant, le taux annuel de croissance des émissions de méthane vient de battre un nouveau record…

Fuites, agriculture et traitement des déchets

Les émissions anthropiques de méthane proviennent à parts à peu près égales (environ 40 %) des fuites liées à l'exploitation des énergies fossiles et de l'agriculture (essentiellement de l'élevage de ruminants et des rizières), puis du traitement des déchets (environ 20 %). Les technologies existent pour diminuer les fuites et seraient déployables rapidement. En revanche, les leviers pour l'agriculture - changement d'alimentation du bétail, type d'élevage, réduction de la part carnée des régimes alimentaires - sont plus complexes et s'étalent sur un plus long terme. Quant aux déchets, le contrôle de leur traitement doit être considérablement renforcé.

Pas d'alibi pour l'inaction

Le potentiel de baisse des émissions de méthane est estimé entre 20 et 30 % à l'horizon 2030 si les technologies et pratiques déjà existantes étaient implémentées dès maintenant. Il n'y a pas d'alibi pour l'inaction, d'autant plus que les bénéfices en matière de santé publique et de rendements agricoles, associés à l'amélioration de la qualité de l'air - le méthane étant un précurseur de la formation d'ozone, un polluant atmosphérique - pourraient être plus importants que le coût de l'action.

Par Christophe Cassou, directeur de recherche au CNRS, auteur principal du 6e rapport du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), groupe 1 et Céline [...]

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