Chronique d’un exil : manifester à Paris en pensant à Kaboul

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Chronique d’un exil : manifester à Paris en pensant à Kaboul

À Paris, je marche au milieu d’une foule de femmes, d’hommes, de militants des droits de l’homme et LGBT à l’occasion de la mobilisation “Nous toutes”, le 21 novembre dernier. Les manifestants scandent des slogans assurant leur soutien aux victimes de la violence sexiste.

Les autorités ont fermé à la circulation toutes les rues entre République et Nation, à Paris, afin que le cortège puisse avancer facilement.

Dans cette foule de plusieurs milliers de personnes, une femme en jupe courte porte une pancarte sur laquelle on peut lire : “Porter ces habits ne peut pas provoquer de regards discriminatoires”, et des homosexuels et transgenres parlent de leurs soucis, de leurs corps, de leurs désirs, sans aucun tabou. Un groupe danse, un autre fait du sport et de la gymnastique, un autre joue du tambour.

Pour la première fois, je participe à des manifestations où il y a de la musique, des performances artistiques, de la danse et des fanfares. Une expérience nouvelle pour moi. J’éprouve un sentiment contrasté : un mélange de joie, de peur et d’anxiété.

Cette anxiété et cette peur étaient omniprésentes quand j’étais dans une autre foule, des mois auparavant, en Afghanistan. Là-bas, régulièrement, des attentats suicides et des bombes pouvaient nous surprendre à chaque pas, des gens autour de nous se faisaient sauter : un bruit horrible suivi d’une fumée qui montait, l’odeur de la chair et du sang dispersé sur la rue.

Ici, à Paris, je suis heureuse de sentir que les manifestants qui m’entourent n’éprouvent pas cette peur des explosions et des attentats.

Ici, alors que je me trouve à plus de 7 000 kilomètres de chez moi, je me souviens encore comment, lorsque nous, les femmes, sortions dans les rues pour manifester, nous étions confrontées au harcèlement sexuel et aux insultes, des contraintes nous empêchant d’aller et venir à l’extérieur.

Là-bas, un monde en noir et blanc, plongé dans le silence

Le bruit des tambours et le brouhaha émanant de la foule présente dans les rues de Paris font trembler mon cœur, lourd du sort des femmes en Afghanistan, désormais privées de voix. Ces femmes ne connaissent pas ce monde de couleurs des manifestants des défilés parisiens, leur monde est en noir et blanc.

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