CHRONIQUE. Quand les bruits empêchent d'écouter

Sandrine Marty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Dans une chronique, Jean-Gabriel Ganascia, professeur à Sorbonne Université à Paris et chercheur en intelligence artificielle, revient sur le troisième volet du 6e rapport d'évaluation du Giec qui, étant paru trois jours après le début de l'attaque russe sur l'Ukraine, eut assez peu d'échos.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°904, daté juin 2022.

Le 27 février 2022, trois jours après le début de l'attaque russe sur l'Ukraine, a paru le troisième volet du 6e rapport d'évaluation du Giec qui, du fait de l'ouverture des hostilités et des atrocités qui s'ensuivirent, eut assez peu d'échos.

Comment se détourner du progrès, fût-il sale ?

Ce document alarmant comporte trois parties.

  • La première dresse un inventaire des effets du réchauffement que l'on constate d'ores et déjà : accroissement du nombre et de l'intensité des vagues de chaleur, des sécheresses, des précipitations et des cyclones, transformation des écosystèmes marins, extinction d'espèces animales, etc. Il anticipe ensuite les évolutions futures et leurs conséquences sur la production agricole, la santé, les maladies et les inondations. Lors des deux années de pandémie de Covid-19 que nous venons de vivre, nous avons eu trop de soucis pour être attentifs à ce qui advenait ailleurs ! L'urgence nous en a détournés.

  • La seconde partie mentionne les modes d'adaptation requis pour faire face aux conséquences délétères du réchauffement : défense et renforcement des côtes, gestion de la biodiversité, adaptation des systèmes de santé, etc. Dans le même temps, les grands acteurs du numérique annoncent à grand fracas le métavers, cet univers virtuel en trois dimensions qui recrée l'apparence de notre monde au moyen de calculs massifs et de flux vertigineux d'information. Comment se détourner du progrès, fût-il sale ?

  • La troisième partie porte sur la nécessité d'adopter un développement résilient aux changements climatiques, en limitant les émissions de gaz à effet de serre. En France, lors de la campagne présidentielle, pour répondre à la clameur populaire, les candidats ont insisté sur l'accroissement du pouvoir d'achat et donc de la consommation, sans mentionner le besoin de parcimonie.

Les maux futurs sont pires

Les bruits que suscitent les maux actuels du monde, mal[...]

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