Christophe Girard exclu du groupe Paris en commun d'Anne Hidalgo

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Christophe Girard, le 5 septembre 2014 à Paris

L'ancien adjoint d'Anne Hidalgo à la mairie de Paris Christophe Girard, visé par des accusations de viol classées sans suite, a été exclu jeudi du groupe "Paris en commun" à quelques jours d'un Conseil de Paris où son retour sous les couleurs de la majorité municipale faisait grincer des dents.

L'élu du 18e avait démissionné en juillet de ses fonctions d'adjoint à la Culture après des attaques d'élus écologistes de la majorité en raison de ses liens avec Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie.

Il s'était ensuite mis en retrait en août en raison de l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris sur des accusations de viol le visant, enquête classée sans suite en novembre en raison de la prescription des faits.

L'annonce de son retour au sein de la majorité municipale lors du prochain conseil de Paris, du 2 au 4 février, avait provoqué des remous côté EELV et suscité l'embarras dans l'entourage d'Anne Hidalgo, faisant planer la menace de nouvelles crispations entre alliés.

"Nous lui avons demandé de quitter Paris en commun", a déclaré à l'AFP le président du groupe Rémi Féraud. "Il y avait un constat assez unanime au sein des élus du groupe que son retour, aujourd'hui, dans le groupe au Conseil de Paris n'était politiquement pas possible dans le contexte actuel de débat sur les violences sexuelles".

Contacté par l'AFP, Christophe Girard, qui a toujours dénoncé une "affaire instrumentalisée" et des accusations de viol "sans fondement", a annoncé "prendre acte de leur demande de mise en retrait" et "s'y plier".

"Je rappelle toutefois que j'ai fait l'objet d'une enquête approfondie qui a scruté ma vie personnelle et professionnelle sur plus de 30 ans et que ça n'a débouché sur aucune mise en examen", a-t-il ajouté.

"On m'a demandé de me mettre en retrait, on voulait que je sois la belle au bois dormant jusqu'au mois de septembre et jusqu'à la possible décision d'Anne (Hidalgo) d'aller à l'élection présidentielle, mais non je ne serai pas la belle au bois dormant", a-t-il poursuivi, précisant qu'il serait bien présent, en "élu solitaire" au prochain Conseil de Paris.

Dans les rangs d'Europe Ecologie-Les Verts, l'annonce de son exclusion a été saluée. "On avait demandé à Paris en commun un message clair vis-à-vis de notre majorité, c'est le cas aujourd'hui et on en est satisfait", a réagi la présidente du groupe EELV Fatoumata Koné.

"Ce n'est pas une chasse aux sorcières, c'est simplement qu'il se passe quelque chose d'important en ce moment avec la libération de la parole et qu'il est important d'envoyer un message aux victimes", a-t-elle ajouté, estimant qu'il revenait désormais à Christophe Girard de rendre ou non son mandat.

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