L'éditeur et écrivain Christophe Bataille défend la passion du secret

·1 min de lecture

En cette veille d'un Noël très troublé, on a eu envie d'aller chercher les mots d'un écrivain-éditeur-faiseur-de-livres-forts qui a la passion du trouble et qui est d'autant plus prompt à pactiser contre la fin des temps qu'il la croit inéluctable : Christophe Bataille. Un évangélique, un vrai. " J'attends le retour du royaume. Ce jour-là, je sais que ce sera la fin des temps." Petit rire étouffé ; on pourrait croire qu'il plaisante, erreur, sur ce sujet il est au premier degré. En attendant la fin, il y a le verbe. "Ma participation à moi, c'est de mener le combat poétique contre la fin des temps."

Il veille sur la maison Grasset

Bataille lutte contre les mots. Tous les jours des pages nouvelles arrivent dans le petit bureau stratégique depuis lequel il veille sur la maison Grasset - il y est entré à l'âge de 23 ans, il en a 49, ce pasteur de l'édition française en paraît beaucoup plus et beaucoup moins : beaucoup plus quand il prêche pour vous expliquer que ce qu'il veut avec un livre - par lui écrit ou édité -, c'est "te donner quelque chose que tu n'attendais pas ; a fortiori aujourd'hui que le livre est le seul objet culturel que l'on peut offrir parce qu'il n'y a plus de place de théâtre ou de cinéma" ; beaucoup moins lorsqu'il se caresse les cheveux, un casque de boucles, on sent que ses mains s'interrogent : pénétrer les frisures ou rester au-dessus, elles explorent toutes les réponses possibles. Le plus souvent elles effleurent le casque ; parfois elles s'aventurent...


Lire la suite sur LeJDD