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Christian Prouteau, fondateur du GIGN : « L’arme ne doit pas être un substitut au courage »

Le JDD : Il y a 50 ans la France se dotait d’une nouvelle force spéciale avec le Groupe d'intervention de la Gendarmerie nationale. Pourquoi avoir créé cette unité ?

Christian Prouteau, fondateur du GIGN : C’était une nécessité opérationnelle afin d’affronter des situations comme les drames familiaux, avec des gens retranchés, mais surtout pour faire face à un certain nombre d’événements issus des problèmes géopolitiques de l’époque. La prise d’otage des Jeux olympiques de Munich, en 1972, a tout déclenché au niveau de la réflexion de tous les décideurs car elle s’est faite aux yeux du monde.

Ce type d’événement est ce que l’on appelle « la prise d’otages ouverte », parce que le but est de faire passer un message, en portant la menace sur la vie d’innocents, aux autorités ou plus largement à l’opinion publique.

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Dès le départ, l’approche des techniques d’intervention du GIGN se porte notamment sur l’aspect psychologique. En somme, discuter plutôt que tirer… c’était une nouveauté ?

Complètement. Avant la création du GIGN en 1974, deux opérations avaient marqué la gendarmerie et s’étaient vouées à l’échec pour deux raisons. La première, c’est que les gens n’étaient pas préparés à intervenir. La seconde était que la décision d’intervenir était due à une mauvaise appréciation du danger potentiel ou de la réalité de la menace.

« Il ne faut pas oublier que les gens retranchés n’ont pas un comportement normal »

En 1969, un pè...


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