Christian Perronne, un professeur à la dérive

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Connu pour ses travaux sur la maladie de Lyme, Christian Perronne est aujourd’hui déconsidéré, tant pour ses traitements que pour ses analyses d’inspiration complotiste.

C’est l’histoire d’une chute. Celle d’un professeur de médecine respecté, désormais contesté, démis de ses fonctions, honni de ceux qu’il impressionnait jadis. L’infectiologue Christian Perronne (qui a eu pour élève Jérôme Salomon, l’actuel directeur général de la santé) suscite aujourd’hui incompréhension et colère parmi ses pairs. En librairie, il est numéro un des ventes. Sa critique virulente de la gestion de la crise sanitaire s’est écoulée, l’été dernier, à 100 000 exemplaires. Cette semaine, il récidive avec « Décidément, ils n’ont toujours rien compris ! » (éd. Albin Michel), un pamphlet du même acabit.

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Son succès, Perronne le doit à l’activisme des associations de malades de Lyme, des disciples qui voient en lui un sauveur incompris et persécuté. C’est ainsi que ce professeur de 66 ans se présente, exclu, méprisé, victime de sa hiérarchie et du gouvernement. Cible d’un complot ? « J’ai l’impression de ne pas être écouté », nous glisse-t-il d’un ton calme, sans doute soucieux de contredire ceux qui le décrivent « fou », « vrillé », « un Raoult en plus fondu ». Des attaques teintées de regrets, de tristesse aussi, à l’égard du médecin qu’il fut et de celui qu’il est devenu. Parmi ses détracteurs, nombreux se souviennent d’un autre Perronne, jeune homme brillant à qui tout s’offrait.

Paris, porte d’Aubervilliers, début des années 1980. Le futur professeur est interne à Claude-Bernard, hôpital voué aux maladies infectieuses. Les futurs pontes de l’infectiologie partagent leurs repas et, la nuit, veillent ensemble les malades. « Ce lieu est l’incubateur de notre génération, explique le professeur Éric Caumes, chef de service à la Pitié-Salpêtrière. Christian avait très(...)


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