Chloé Zhao : oscarisée à Hollywood, boycottée en Chine

Par Jean-Luc Wachthausen
·1 min de lecture
À Los Angeles, la réalisatrice et productrice Chloé Zhao, Oscar de la meilleure réalisation et du meilleur film pour « Nomadland ».
À Los Angeles, la réalisatrice et productrice Chloé Zhao, Oscar de la meilleure réalisation et du meilleur film pour « Nomadland ».

Célèbre en Occident, paria dans son pays : la cinéaste chinoise Chloé Zhao, 39 ans, championne de l'année cinématographique 2021 avec son film Nomadland, multiprimé en Europe (Venise et Deauville) et grand vainqueur aux États-Unis des Golden Globes et des Oscars, est ignorée dans la presse chinoise, censurée sur les réseaux sociaux (malgré le soutien de quelques internautes courageux) et par les autorités de Pékin qui s'en méfient. Le tout dans un contexte de guerre froide avec Washington. La cérémonie de dimanche dernier à Los Angeles a donc été boycottée. Idem à Hongkong, où, pour la première fois en cinquante ans, la soirée des Oscars n'a pas été retransmise à la télévision après la sélection du documentaire Do Not Split,consacré aux manifestations prodémocratiques dans la cité financière.

À Pékin, elle est mal vue. Non seulement parce qu'elle échappe aux normes et au contrôle du Parti, mais aussi parce qu'elle s'est permis de critiquer le régime il y a déjà quelques années. Célébrée il y a encore quelques mois, celle qui n'a rien d'une dissidente ou d'une activiste est vite tombée en disgrâce. Comme pas mal de cinéastes qui, avant elle, dénonçaient le contrôle sur les esprits exercé par un régime autoritaire.

Semi-clandestinité

Rien d'étonnant lorsqu'on consulte la longue liste des artistes chinois poursuivis par le régime, parmi lesquels le plus célèbre, le sculpteur et performeur Ai Weiwei, condamné à maintes reprises et qui a dû quitter son pays en 20 [...] Lire la suite