Ces chirurgiens qui opèrent l’âme

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Attention, sujet tabou. Triturer le cerveau, quelle horreur ! Dans nos têtes, il y a toujours ces images de Vol au-dessus d’un nid de coucou, où Jack Nicholson se fait lobotomiser et perd ainsi toute vitalité. Doit-on s’arrêter là ? C’est de fait, la question qui court dans ce livre, joliment appelé la Chirurgie de l’âme.

Peut-on opérer le cerveau comme n’importe quel autre organe ? «Condamner sans appel l’idée même d’opérer le cerveau pour soigner le mental reviendrait à adhérer à un dualisme naïf entre le corps et l’esprit, qui est contredit quotidiennement par l’observation clinique des effets des lésions cérébrales, écrit avec justesse, dans la préface, le Pr Lionel Naccache, référence dans l’imagerie du cerveau. A l’inverse, adhérer de manière inconditionnelle à la primauté de la neurochirurgie pour soigner des affections dont on ignore encore aujourd’hui les mécanismes intimes signerait une attitude scientiste critiquable.»

C’est sur un point d’équilibre que se sont installés les deux auteurs, Sandrine Cabut, journaliste au Monde, et Marc Levêque, neurochirurgien, pour raconter l’histoire de ces tripatouillages du cerveau. C’est passionnant, c’est effrayant.

Qui se souvient d’Egas Moniz, le plus controversé Nobel ? En 1935 il réalise dans le plus grand secret la première lobotomie (le fait de retirer un bout de tissu cérébral) sur une prostituée de 63 ans souffrant de «mélancolie» et de paranoïa. En 1949, au pic de cette opération, 5 000 lobotomies seront pratiquées aux Etats-Unis, notamment sur des anciens combattants, à un niveau d’expérimentation inquiétant et rarement avec le consentement du patient.



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