Chine: appel rejeté dans l'affaire Xianzi, figure du mouvement #MeToo

En Chine, la justice a décidé de rejeter, fautes de preuves suffisantes, l'appel d'une jeune plaignante qui accusait un éminent présentateur de télévision de harcèlement sexuel dans un procès qui est devenu emblématique du mouvement #MeToo dans le pays. C'est un coup dur, mais l'essentiel était peut-être ailleurs puisque ce procès a relancé le mouvement féministe.

On savait le combat déjà perdu d'avance entre d'un côté, Zhou Xiaoxuan, 29 ans et ancienne stagiaire à la CCTV, la télévision d'Etat. Et de l'autre, Zhu Jun, mastodonte du petit écran chinois, présentateur vedette de la chaîne étatique. La première accusait le second de l'avoir embrassée et caressée de force durant son stage.

Après quatre années de combat avec la justice, la jeune femme n'aura pas eu gain de cause. Mais elle peut se targuer d'avoir inspiré toute une génération de militantes féministes. En s'attaquant publiquement à un ponte de la télévision chinoise, elle est devenue le visage du mouvement metoo en Chine et un modèle pour de nombreuses militantes.

Xianzi contre Zhu Jun, David contre Goliath

Le procès en première instance en 2020 avait réuni une foule importante devant le tribunal. Des dizaines de jeunes femmes et jeunes hommes étaient venus apporter leur soutien à celle que tout le monde surnomme Xianzi.

Mais le réveil du mouvement féministe se heurte à la censure d'un pouvoir chinois, méfiant face à toute lutte sociale.

Depuis bientôt un an, Huang Xueqin, une autre militante féministe est détenue au secret dans une prison illégale du régime. Elle avait été arrêtée pour « incitation à la subversion de l’État ». Un motif ­fourre-tout employé par Pékin, pour réduire au silence toute voix jugée dissonante.


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