La Chine «premier partenaire» de la reconstruction de l’Afghanistan des talibans

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À la suite du départ des Américains d’Afghanistan, les talibans se tournent vers la Chine. Un entretien téléphonique a eu lieu, jeudi 2 septembre, entre les diplomates chinois et les talibans qui ont besoin des investissements chinois. Pékin s’engage à maintenir son ambassade à Kaboul contre la protection des intérêts chinois dans la région.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Le drapeau de la Chine populaire a continué de flotter à Kaboul pendant le « chaos » du retrait occidental. Après le départ des Américains, la Chine entend maintenir son ambassade en Afghanistan et même renforcer son aide, a assuré Wu Jianghuo, le ministre adjoint des Affaires étrangères.

Ce n’est pas encore la reconnaissance officielle de l’Émirat islamique d’Afghanistan, mais un témoignage de confiance renouvelée au mouvement taliban qui, depuis le début de l’été, décline sur tous les tons sa passion pour les « Nouvelles routes de la soie » chinoises. C’était le cas fin juillet lorsqu’une délégation talibane a fait le déplacement à Tianjin, à l’est de la Chine.

Cela a été redit jeudi dans les colonnes du journal italien La Reppublica : « La Chine est notre partenaire le plus important et représente une opportunité fondamentale et extraordinaire pour nous, car elle est prête à investir et reconstruire notre pays », a assuré Zabihullah Mujahid, le porte-parole du mouvement taliban.

L'Afghanistan en manque d'allié économique

Même chose lors de l’échange téléphonique de jeudi soir avec Abdul Salam Hanafi, le chef adjoint du bureau politique des talibans. Au fond, rien de nouveau dans ce « donnant-donnant » conclu il y a déjà plusieurs semaines entre les talibans et Pékin.

Les caisses des nouveaux maîtres de Kaboul sont vides, l’économie afghane exsangue et la Chine a promis de renforcer son aide, notamment via une extension afghane du corridor économique Chine-Pakistan. Pour ce qui est des financements, Kaboul n’a, en réalité, pas beaucoup d’options et peu de pays sur lesquels s’appuyer pour l’instant. Sachant qu’avec le PIB de l’Italie, la Russie est d’abord un partenaire politique.

Côté chinois, on attend toutefois des gages en matière de sécurité. « Nous n’autoriserons jamais aucune force à utiliser le sol afghan pour menacer la Chine », a répété le bureau politique des talibans, selon des propos rapportés par les médias d’État chinois.

La Chine craint que l’Afghanistan ne devienne un sanctuaire pour les séparatistes de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, ou pour les rebelles du Baloutchistan qui s’en prennent régulièrement aux intérêts chinois au Pakistan.

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