Chine: la «journaliste citoyenne» Zhang Zhan condamnée à quatre ans de prison

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Quatre années de prison pour la « journaliste citoyenne » jugée à Shanghai: c'est le verdict annoncé, selon son avocat, contre Zhang Zhan condamnée pour sa couverture des débuts de la pandémie à Wuhan en Chine. Son procès, qui s'est ouvert ce lundi, a duré une poignée d'heures. Arrêtée en mai dernier, la lanceuse d’alerte âgée de 37 ans était accusée d'avoir « semé le trouble » en propageant de « fausses nouvelles ». Une accusation régulièrement employée contre les opposants au régime.

Avec notre correspondant à Pékin, Stéphane Lagarde

Deux Z pour signer ses vidéos : « Je suis Zhang Zhan » disait l’ancienne avocate dont les reportages au téléphone portable surgis de la nuit de Wuhan au début du printemps dernier ont fortement déplu aux autorités. Depuis, la bouille ronde et la silhouette de la journaliste citoyenne se sont amincies en détention, selon Ren Quanniu, l’un de ses avocats. En grève de la faim, nourrie de force par un tube nasal, elle serait très affaiblie.

« Quand je lui ai rendu visite à la maison d’arrêt, relate son avocat Ren Quanniu, elle partageait une chambre avec de nombreux autres détenus. Elle a juste assez d’espace pour se déplacer, mais de toute façon elle est en permanence attachée. »

Dans ses vidéos et ses articles en ligne, Zhang Zhan a montré le chaos des hôpitaux au départ de la pandémie. Elle a aussi critiqué la gestion des autorités locales et notamment le long confinement de la capitale du Hubei. Détenue en 2018, déjà, pour troubles à l’ordre publique et un an plus tard, en 2019, après avoir exprimé son soutien aux manifestants de Hong Kong, elle est aujourd’hui accusée d’avoir semé la rumeur sur les réseaux sociaux.

Première journaliste citoyenne à être jugée pour sa couverture de Wuhan, cette dernière a refusé de plaider coupable sachant que ses informations ont été recueillies de première main auprès des habitants selon un autre de ses avocats. Elle encourrait une peine de 5 ans de prison.

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