En Chine, les ONG dans le viseur

Libération.fr

«Le gouvernement redoute une "révolution de couleur" en Chine. C’est pour ça qu’il a mis les ONG étrangères sous son contrôle.»En raison des visites fréquentes de la police, voilà plusieurs mois déjà que Li Mei ne travaille plus dans les bureaux de l’ONG américaine qui l’emploie. Comme elle, ses collègues expédient au mieux les tâches courantes depuis leur domicile.

Trois mois après son entrée en vigueur, le 1er janvier, la nouvelle loi réglementant les «activités des ONG étrangères sur le continent chinois» a jeté un froid dans la société civile. Le texte, symbole du tour de vis politico-idéologique qui s’opère depuis l’arrivée aux commandes, fin 2012, du président Xi Jinping, exige pour la première fois que les ONG étrangères disposent d’une implantation légale dans le pays pour pouvoir opérer. En janvier, seules 32 d’entre elles, sur environ 7 000, avaient obtenu le feu vert, selon Shawn Shieh, du China Labour Bulletin, ONG installée à Hongkong qui défend les droits des travailleurs.

«Le ministère de la Sécurité publique n’a jamais été l’administration de référence pour les ONG. C’est comme si, aux Etats-Unis, on nous avait mis tout d’un coup sous la coupe de la CIA !» s’alarme une Européenne travaillant dans ce secteur.

Si la loi va permettre aux travailleurs associatifs étrangers d’obtenir des visas en bonne et due forme, levant ainsi une grosse épine du pied aux ONG qui pourront s’enregistrer, elle donne aussi un blanc-seing à la police en gravant dans le marbre des pouvoirs dont elle usait déjà dans les faits : interrogation des employés, saisie de documents, gel du compte bancaire lorsque l’ONG est «impliquée dans des activités illégales». Le texte prévoit en outre une «liste noire» bannissant à jamais les organisations qui ont «disséminé des rumeurs», «obtenu illégalement des secrets d’Etat» ou commis «tout autre acte mettant en danger la sécurité nationale». Des termes malléables, déjà utilisés pour mettre au silence les dissidents chinois. En (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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