Covid-19 : vaccination, nouveaux cas, restrictions… Où en est la Chine ?

Maxime Poul
·5 min de lecture
En Chine, aucun nouveau cas confirmé de Covid-19 transmis localement n'a été signalé entre le 14 février et le 18 mars.

Premier pays du monde à avoir découvert des cas de Covid-19, la Chine est aujourd'hui dans une situation bien différente de la majorité des pays européens qui subissent encore de plein fouet la pandémie. Yahoo Actualités fait le point sur la situation.

Augmentation des cas, hôpitaux saturés, nouveau confinement dans certaines régions... Comme de nombreux autres pays d'Europe et du monde, la France continue de subir l'épidémie de Covid-19 et ne parvient pas à voir le bout du tunnel. À quelque 8 000km d'ici, en Chine, dans le pays où tout a démarré il y a un peu plus d'un an, la vie a repris son cours et le temps des restrictions semble révolu.

Ce jeudi 18 mars, la Chine a signalé son premier cas local de contamination depuis le 14 février dernier, dans la province de Shaanxi au le nord-ouest du pays. Si les cas locaux se font de plus en plus rares, les cas de patients infectés de retour de l'étranger restent assez fréquents mais peu nombreux, et très bien isolés. Ces derniers jours, les autorités chinoises ont signalé entre 4 et 11 cas importés de Covid-19, mais aucun décès, comme depuis plusieurs jours. Le bilan officiel des morts du coronavirus depuis le début de l'épidémie reste de 4 636 morts et il n'y aurait plus que 168 personnes hospitalisées en Chine continentale.

Un Nouvel an chinois inédit

Preuve que l'épidémie s'essouffle depuis de longs mois, aucun décès n'a été enregistré dans le pays entre le mois de mai 2020 et le mois de janvier 2021. Lors de ce mois de janvier, une résurgence des cas avait été signalée dans la province du Hebei, qui jouxte Pékin, avec plusieurs centaines de contaminations signalées. Mais les autorités ont adopté une stratégie très stricte et très efficace en confinant l'intégralité des habitants des villes où les cas ont été signalés, en coupant tous les axes routiers et ferroviaires de ces villes, en fermant les écoles et en lançant des campagnes de désinfection des rues.

Le Nouvel an chinois, qui s'est déroulé le 12 février, a donc été perturbé par cette résurgence. Le gouvernement a décidé appelé les Chinois à le "célébrer sur place" et ne pas voyager pour retrouver leur famille, comme le veut la coutume. Une consigne qui a été respectée par plus de trois quarts des travailleurs migrants (77%) selon le média Le Vent de la Chine, qui cite également un internaute chinois qui juge ce Nouvel an comme "le plus morose et déprimant de tous les temps".

Vidéo - Chine : forte baisse des déplacements pour le Nouvel an 2021

La vie nocturne a repris son cours à Wuhan

Malgré ces confinements stricts mais temporaires, l'ensemble des activités a pu reprendre dans plusieurs villes du pays. À Wuhan, des images font régulièrement le tour du monde depuis le mois de décembre où l'on voit le retour de l'activité nocturne dans la ville berceau de l'épidémie.

Le pays a été l'un des premiers du monde a généraliser le recours aux QR codes afin de contrôler les déplacements des habitants, identifier les cas contact et isoler les malades. Si ces applications de traçage ne sont pas obligatoires, les Chinois n'ont d'autre choix que de la télécharger s'ils veulent entrer dans un lieu public ou même se déplacer. Pour entrer dans un immeuble, un commerce, un parc ou même pour prendre l'avion, le train le taxi, son utilisation est impérative. Une couleur apparait alors sur le téléphone : le vert lorsqu'il n'y a aucun problème et que l'accès à un endroit est validé, du jaune lorsqu'il y a obligation de se placer en quarantaine à domicile et du rouge lorsqu'il faut être placé en quarantaine dans un lieu prévu à cet effet. Les enfants en bas âge, eux, se voient remettre un QR code à accrocher autour de leur cou.

Un faible taux de vaccination

Bien que les Chinois font partie des plus désireux de se faire vacciner (85 % selon un sondage Ipsos), seule 4% de la population chinoise a reçu un vaccin. Pour le docteur Tao Lina, cité par France Info, l'explication est simple : "La Chine est un pays guéri, on est parvenu à contrôler la pandémie sans avoir à s’appuyer sur le vaccin, il n’y a donc pas d’urgence par rapport à notre immunité collective". De plus, la Chine distribue environ un quart de ses vaccins aux autres nations afin "d’aider la communauté internationale à surmonter l’épidémie", selon les autorités, mais aussi afin de renforcer son influence dans le monde.

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Mais ce faible taux de vaccination inquiète tout de même les autorités qui prennent le problème très au sérieux. Pas question de passer à côté de la vaccination et de ternir l'image du pays, qui veut être un modèle en matière de lutte contre le virus. C'est ce qu'explique au Parisien Yanzhong Huang, spécialiste des questions de santé au cabinet de réflexion américain Council on Foreign Relations : "Si les autres pays, grâce à la vaccination, atteignent l’immunité collective, rouvrent leurs frontières et retrouvent une vie normale [avant la fin de la campagne de vaccination chinoise], cela pourrait donner à la Chine une mauvaise image. Cela saperait le discours d’efficacité de son modèle de maîtrise de la maladie."

Lancement d'un passeport sanitaire

C'est pourquoi le pouvoir chinois a décidé de lancer le 8 mars un passeport sanitaire numérique. Ce dernier affiche les données sanitaires du titulaire (tests de dépistage Covid, statut vaccinal, pour accompagner la reprise des voyages internationaux et par conséquent inciter la population à se faire vacciner. Pékin affirme vouloir vacciner 40% de sa population d’ici le mois de juin et 70 à 80% d’ici la mi-2022.

Mesures drastiques instantanées, QR codes, passeport santé... La Chine a mis et met encore en place d'importants moyens pour gérer cette pandémie, qu'elle semble jusqu'ici mieux gérer que de nombreux pays du monde.

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