Chine: quand un avatar virtuel est la star d'un télé-crochet

·3 min de lecture

Amy a 19 ans, les cheveux rouges et déjà des millions d’admirateurs sur les réseaux sociaux en Chine. Elle est la nouvelle vedette d’une émission de télé-crochet musical qui reprend une des formules à succès du petit écran « The Voice ». Mais la particularité Amy a de quoi surprendre : elle n’existe pas car c’est un avatar virtuel créé de toute pièce par ordinateur.

Cette fois, le virtuel a la volonté de nous faire prendre n’importe quelle vessie pour une superbe lanterne. En passant par le web, de nombreux petits programmes permettent déjà aux internautes de falsifier facilement une photo ou même un discours filmé. Celui d’une personnalité politique, par exemple. Dénommées « deepfake » par les anglophones, ces techniques de trucages d’images animées se répandent de mobile en smartphone et deviennent de plus en plus performants.

►À écouter aussi : La menace du «deepfake» se précise

Lancée cette année, l’émission de télé crochet « Dimension Nova » qui est suivie en ligne par 390 millions de Chinois a peaufiné le concept pour produire un spectacle dans lequel des avatars générés par ordinateur chantent et dansent devant un panel de juges réels qui notent leur prestation.

Idoles virtuelles venues du Japon

Selon les producteurs de l’émission, ce concours de talents est le premier au monde à mettre en scène des candidats virtuels. En réalité, ce n’est pas tout à fait le cas ! Les idoles virtuelles sont originaires du Japon, mais le phénomène se répand dans tous les pays asiatiques. Ces incrustations numériques adoptent résolument un style manga avec des personnages animés qui ne cherchent pas à imiter la réalité.

Ces stars virtuelles sont un mélange d'animation par ordinateur et d’un jeu d'acteur en utilisant une technologie de capture de mouvement. Lorsque l’animateur humain en coulisse se déplace, par exemple, l’avatar suit en temps réel tous ses gestes. Les voix des idoles virtuelles sont, elles, en revanche interprétées par de vrais chanteurs.

L'illusion est loin d'être parfaite

Les producteurs et les présentateurs évitent en revanche de mentionner l'existence des acteurs qui se cachent derrière ces idoles numériques. C’est une volonté de leur part pour entretenir la féerie du spectacle auprès de millions de fans. « Nos idoles virtuelles ont leur propre personnalité, leurs caractéristiques et leurs préférences. Elles existent vraiment dans ce monde », argumentent les créateurs de l’avatar d’Amy.

Pour l’instant, l’illusion est loin d’être parfaite. Mais l’objectif à plus ou moins long terme est de créer des avatars humains numérisés et intelligents ultra-réalistes, qui alors seront capables d’afficher à l’écran, des émotions typiquement humaines, par la posture de leur corps, leurs gestes et le timbre de leurs voix, quand ils converseront avec leurs interlocuteurs.

Ces technologies de trucages de plus en plus sophistiquées relancent toutefois le débat sur les dangers d’une manipulation massive des informations photos et vidéos. Dont useront sans vergogne les pourvoyeurs d’infox, nous empêchant bientôt de démêler définitivement sur la Toile et les réseaux sociaux, le vrai du faux.

À lire aussi :K/DA, dernier avatar «virtuel» de la culture vidéo-ludique et musicale coréenne