Chili : étude du changement climatique dans les eaux du "bout du monde"

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Retardée d'un an en raison de la pandémie, une expédition scientifique à bord du navire océanographique de la marine chilienne "Cabo de Hornos" a sillonné neuf jours fin décembre les eaux du détroit de Magellan et du canal de Beagle, entre Chili et Patagonie argentine.

Dans l'extrême sud du Chili, une expédition scientifique tente de mesurer l'impact mondial du changement climatique dans les eaux préservées de ce "bout du monde" et appelle à des "décisions concrètes" pour la sauvegarde des océans. Retardée d'un an en raison de la pandémie, l'expédition à bord du navire océanographique de la marine chilienne "Cabo de Hornos" a sillonné neuf jours fin décembre les eaux du détroit de Magellan et du canal de Beagle, entre Chili et Patagonie argentine. Cette région de l'Etat de Magallanes présente un intérêt particulier en raison de la faible acidité et de la moindre teneur en sel et en calcium des eaux qui la baignent, par comparaison aux autres mers et océans du globe, en particulier dans les zones les moins profondes.

Le glacier de Fouque, dans la région de Magallanes, dans l'extrême sud du Chili, le 30 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)
Le glacier de Fouque, dans la région de Magallanes, dans l'extrême sud du Chili, le 30 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)

Le glacier de Fouque, dans la région de Magallanes, dans l'extrême sud du Chili, le 30 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)

14 étapes pour prélever des échantillons d'eau

L'étude de ces eaux est donc essentielle car, avec la fonte de nombreux glaciers de Patagonie qui déversent de grandes quantités d'eau douce dans les océans Atlantique et Pacifique, elle préfigure les conditions qui devraient apparaître dans d'autres systèmes marins au cours des prochaines décennies. "Nous ne savons pas comment les organismes, et en particulier les micro-organismes" présents dans l'eau "vont réagir" à mesure qu'augmente la température moyenne sur la Terre, admet le responsable scientifique de la mission, José Luis Iriarte.

L'expédition a ainsi fait 14 étapes pour prélever des échantillons d'eau à différentes profondeurs et jusqu'à 200 mètres.

Le biologiste marin Emilio Alarcon (g) recueille avec une seringue un échantillon d'eau prélevée dans la région chilienne de Magallanes, le 28 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)
Le biologiste marin Emilio Alarcon (g) recueille avec une seringue un échantillon d'eau prélevée dans la région chilienne de Magallanes, le 28 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)

Le biologiste marin Emilio Alarcon (g) recueille avec une seringue un échantillon d'eau prélevée dans la région chilienne de Magallanes, le 28 novembre 2021 (AFP - Nicolas GARCIA)

Des prélèvements de sol profond, parfois à plus de 300 mètres, ont également été effectués, de même que des collectes d'algues et de mollusques. "Nous sommes la voix de ce que la nature ne peut pas dire", estime Wilso[...]

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