Chiffres records concernant la peine de mort: «Le nombre d'exécutions en Iran a augmenté»

Deux tendances se dégagent du rapport annuel d'Amnesty International sur la peine de mort, publié ce mercredi 29 mai 2024. L'organisation de défense des droits humains, basée à Londres, relève en 2023 une hausse de plus de 30% du nombre d'exécutions dans le monde, principalement imputable à l'Iran sur fond de recul du nombre d'États (au plus bas historique) qui continuent d'appliquer la peine capitale. Entretien avec Anne Denis, responsable de la commission peine de mort à Amnesty France.

RFI : Le nombre d'exécutions est à son plus haut niveau en près d'une décennie. Au total, 1 153 exécutions ont eu lieu en 2023, ce qui représente une hausse de plus de 30% par rapport à 2022. Parmi les pays qui ont renforcé leur recours à la peine capitale figure l'Iran (74% des exécutions à lui seul). Pour quelles infractions ces peines ont-elles été prononcées ?

Anne Denis : Le nombre d'exécutions en Iran a augmenté ces deux dernières années. Ces mises à mort ont trait aux infractions liées à la législation sur les stupéfiants. Lorsque l'ancien président Ebrahim Raïssi a été nommé, et avec lui le responsable de l'instance judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei, on a constaté une hausse exponentielle du nombre d'exécutions liées à la drogue. Les exécutions pour infraction aux stupéfiants représentent 44% du nombre total, estimé à au moins 853, sachant que les chiffres ne sont pas à la hauteur de la réalité. Nos données proviennent d'un croisement des statistiques officielles et des informations recueillies auprès d'organisations iraniennes.

Si le nombre d'exécutions a atteint son plus haut niveau depuis 2015, Amnesty International estime que le chiffre réel est nettement sous-estimé, pourquoi ?


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