Les chiffres et cartes du Covid en France au 19 décembre 2021

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L'incidence baissera-t-elle avant l'arrivée d'Omicron? On fait le point en chiffres et cartes (Photo: Le HuffPost)
L'incidence baissera-t-elle avant l'arrivée d'Omicron? On fait le point en chiffres et cartes (Photo: Le HuffPost)

SANTÉ - Ça y est les vacances de Noël ont débuté. Signeront-elles enfin, comme on peut l’espérer, la baisse de la courbe des nouveaux cas de Covid-19 qui tarde à atteindre son pic. Alors que les hôpitaux continuent de se remplir (un pic à 4000 cas est attendu en réanimation entre le 25 et le 31 décembre), le gouvernement a choisi de miser -à très court terme- sur la responsabilité individuelle.

À l’issue du conseil de défense qui s’est tenu vendredi, Jean Castex a fait de nouvelles annonces, complétées ce samedi par Olivier Véran. Mais en refusant les mesures collectives drastiques prises par certains de nos voisins (sauf pour la soirée du 31 décembre), l’exécutif espère que la 5e vague s’éteindra d’elle-même avec les gestes barrière. Mais la fulgurance du variant Omicron -contre lequel les principales décisions prises vendredi s’appliqueront en janvier- pourrait ne pas laisser le temps aux courbes de s’inverser.

Pour bien comprendre où en est la France face au Covid-19, Le HuffPost vous propose de regarder les derniers chiffres, mais surtout leur évolution en cartes et en courbes. Un point important à bien avoir en tête avant de poursuivre votre lecture: les données sont toujours publiées dans la soirée. Ainsi, les chiffres à jour ce dimanche 19 décembre sont ceux publiés la veille, samedi 18.

Il faut également savoir que ce ne sont pas les chiffres du jour, mais ceux à J-1 pour le nombre d’hospitalisations et le nombre de nouveaux cas confirmés. Pour l’incidence et le taux de positivité, ce sont les chiffres du dépistage à J-3 (à la date de réalisation du test) qui sont utilisés.

Les courbes nationales du Covid-19

Dimanche 19 décembre, la Direction générale de la Santé a recensé 58.536 cas positifs, soit environ 4000 de plus que la semaine passée. Si l’on regarde l’évolution moyenne (sur 7 jours), on voit que la cinquième vague progresse toujours, alors que l’on pouvait espérer en début de semaine avoir atteint un plateau. Jamais nous n’avons eu autant de cas diagnostiqués par jour.

Les chiffres à J-1 sont pratiques pour suivre au plus près l’évolution de l’épidémie, mais sont susceptibles de varier d’une semaine à l’autre en fonction de la rapidité de remontée des résultats. Pour bien s’assurer des tendances, il est préférable de regarder les données publiées par Santé Publique France, qui montrent le nombre de cas à la date du dépistage, avec un retard de trois jours.

Les graphiques ci-dessous permettent de voir cet indicateur, ainsi que d’autres essentiels pour suivre l’évolution de l’épidémie. On voit que si les hospitalisations augmentent, elles progressent moins vite que les cas, notamment grâce à la vaccination. Le taux de positivité, lui, stagne depuis quelques jours.

Signification des différents indicateurs

Comme on peut le voir, la plupart les indicateurs sont à la hausse. Mais le plus important, c’est de comprendre à quel point cette évolution est rapide ou qu’elle décroit. Pour cela, il est intéressant de regarder l’évolution sur une semaine, en pourcentage, de ces chiffres:

Le taux d’incidence est toujours en hausse (les barres grimpent vers le haut), mais la croissance faiblit depuis une dizaine de jours. En clair, le pic de cette 5e vague est proche. C’est en tout cas, ce que veut croire l’exécutif qui multiplie les déclarations en ce sens. Mais la question à laquelle seule les prochains jours permettront de répondre est: ces barres vont-elles changer de sens?

Du côté des indicateurs hospitaliers (dont on estime qu’ils ont entre 10 et 15 jours de décalage sur les indicateurs sanitaires), le taux d’occupation en réanimation est encore inférieur à celui des grandes vagues (58%), mais le nombre de lits occupés progresse chaque jour. Même chose pour les hospitalisations même si la vitesse d’augmentation tend à se réduire.

Carte du taux d’incidence par départements

Si l’on regarde l’évolution de l’épidémie de manière plus locale, on voit que la tendance est toujours à la hausse, mais qu’une baisse se fait sentir dans certains départements métropolitains. Ils sont une quarantaine (en bleu sur la carte) à voir l’indicateur s’orienter dans le bon sens. Avec des différences marquées entre les territoires, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous qui montre l’évolution du taux d’incidence sur une semaine.

En France métropolitaine, tous les départements sont encore au-delà du seuil de 200 de taux d’incidence. Et le chiffre de 500 est désormais atteint dans une trentaine de territoires.

Le graphique ci-dessous permet d’analyser plus en détail la situation dans votre département.

La carte du taux d’occupation en réanimation

Du côté des indicateurs hospitaliers, aucune région n’est pour l’instant saturée à cause du Covid-19, même si Le taux d’occupation en réanimation est maintenant supérieur à 50% dans toutes les régions sauf trois: Bretagne, Normandie et Ile-de-France. La tension commence cependant à se faire nettement sentir en Paca où 83% des lits de réa sont occupés; des transferts de patients ont d’ailleurs déjà eu lieu.

Une vaccination très efficace, mais qui patine

Comment expliquer cette cinquième vague? Difficile à dire tant le coronavirus réussit à déjouer nos pronostics, mais il faut déjà rappeler qu’une hausse était prévisible, surtout avec la dominance du variant Delta, bien plus contagieux.

Une hausse maîtrisée de l’épidémie en plein hiver, avec des mesures limitées (tel le pass sanitaire, le port du masque, l’aération des lieux clos, etc.), n’est possible que grâce à la vaccination. Si le vaccin ne protège pas à 100%, il réduit le risque d’infection et baisse drastiquement le risque de développer une forme grave du Covid-19.

Aujourd’hui, plus de 76% de la population est doublement vaccinée, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, avec des disparités entre les classes d’âge.

Mais on sait maintenant que l’efficacité du vaccin contre l’infection baisse avec le temps, notamment six mois après la vaccination. La protection contre les formes graves de Covid-19 reste élevée, mais semble tout de même diminuer, notamment chez les personnes âgées.

C’est pour cela que de nombreux pays, dont la France, ont lancé une campagne de rappel. Dans ses prévisions de fin novembre, l’Institut Pasteur estime qu’une dose de rappel, en réduisant encore plus le risque d’hospitalisation des personnes les plus à risque et en diminuant le risque d’être infecté, peut faire baisser le pic des hospitalisations en théorie. Ainsi, un rappel pour les plus de 65 ans diminue la hauteur du pic de 20%, alors qu’un rappel pour l’ensemble des adultes le fait chuter de 44%.

Le graphique suivant permet de mieux se rendre compte de la progression des injections de rappel:

Des vaccins toujours efficaces face au Covid-19

L’efficacité des vaccins et de la troisième dose se voit facilement si l’on analyse le nombre de personnes vaccinées ou non-vaccinées positives, hospitalisées ou en réanimation.

Il faut par contre faire attention: plus de 91% des adultes sont vaccinés. Il est donc logique qu’il y ait beaucoup de personnes vaccinées dans les hôpitaux. Mais si l’on compare à effectif égal (combien d’hospitalisé pour un million de vaccinés, versus combien d’hospitalisé pour un million de non-vaccinés), on voit bien que le vaccin est très efficace.

La preuve avec les graphiques ci-dessous. On y voit également que le rappel augmente encore plus l’efficacité du vaccin

À voir également sur Le HuffPost: Covid-19: Pourquoi certains variants s’imposent et d’autres non? (expliqué par les jeux vidéo)

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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