Les chiffres et cartes du Covid en France au 26 décembre 2021

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La France a dépassé les 100.000 cas de Covid en 24h mais ce n'est pas le seul indicateur à observer. Nos cartes et courbes en date du 26 décembre pour tout comprendre.  (Photo: Le HuffPost)
La France a dépassé les 100.000 cas de Covid en 24h mais ce n'est pas le seul indicateur à observer. Nos cartes et courbes en date du 26 décembre pour tout comprendre. (Photo: Le HuffPost)

COVID-19 - Un cap est franchi. Pour la première fois depuis le début de l’épidémie de Covid-19 au début de l’hiver 2020, plus de 100.000 cas ont été recensés en 24 heures en France. L’annonce faite, ce samedi 25 décembre par Santé Publique France, n’est pas une surprise dans la mesure où le variant Omicron a déferlé d’une manière inédite sur l’Europe.

Dans ce contexte, le gouvernement envisage de nouvelles mesures de restriction (pour le réveillon du Nouvel An?) qui seront au menu d’un conseil de défense sanitaire prévu en visioconférence ce lundi. Juste après, un conseil des ministres extraordinaire servira à présenter un projet de loi qui proposera notamment le passage du pass sanitaire en pass vacinal.

Le nombre de cas ne sera pas le seul indicateur scruté par l’exécutif qui porte aussi un regard avisé sur la tension dans les hôpitaux. Celle-ci va être fonction de la virulence du variant Omicron. Pour bien comprendre où en est la France face au Covid-19, Le HuffPost vous propose de regarder les derniers chiffres, mais surtout leur évolution en cartes et en courbes.

Un point important à bien avoir en tête avant de poursuivre votre lecture: les données sont toujours publiées dans la soirée. Ainsi, les chiffres à jour ce dimanche 26 décembre sont ceux publiés la veille, samedi 25. Il faut également savoir que ce ne sont pas les chiffres du jour, mais ceux à J-1 pour le nombre d’hospitalisations et le nombre de nouveaux cas confirmés. Pour l’incidence et le taux de positivité, ce sont les chiffres du dépistage à J-3 (à la date de réalisation du test) qui sont utilisés.

Les courbes nationales du Covid-19

Samedi 25 décembre, la Direction générale de la Santé a recensé non seulement un record de tests (plus d’un million par jour la veille du réveillon), mais aussi 104.611 cas positifs, soit quasiment le double qu’une semaine plus tôt. Si l’on regarde l’évolution moyenne (sur 7 jours, la courbe bleue), on voit que la cinquième vague repart de plus belle, alors que l’on pouvait espérer en début de semaine avoir atteint un plateau.

Les chiffres à J-1 sont pratiques pour suivre au plus près l’évolution de l’épidémie, mais sont susceptibles de varier d’une semaine à l’autre en fonction de la rapidité de remontée des résultats. Pour bien s’assurer des tendances, il est préférable de regarder les données publiées par Santé Publique France, qui montrent le nombre de cas à la date du dépistage, avec un retard de trois jours.

Les graphiques ci-dessous permettent de voir cet indicateur, ainsi que d’autres essentiels pour suivre l’évolution de l’épidémie. On voit par exemple que les nouvelles hospitalisations n’augmentent plus depuis quelques jours (1271 le 25 contre 1245 le 19), notamment grâce à la vaccination. Le taux de positivité, lui, est reparti en flèche avant les fêtes.

Signification des différents indicateurs

Comme on peut le voir, la plupart les indicateurs sont à la hausse. Mais le plus important, c’est de comprendre à quel point cette évolution est rapide ou qu’elle décroit. Pour cela, il est intéressant de regarder l’évolution sur une semaine, en pourcentage, de ces chiffres:

Le taux d’incidence est toujours en hausse (les barres violettes grimpent vers le haut). Et une mauvaise est là poindre. Alors que la croissance faiblissait depuis près de deux semaines, cette moyenne repart nettement à la hausse. En clair, le pic de cette 5e vague que l’on espérait n’est pas là.

Du côté des indicateurs hospitaliers (dont on estime qu’ils ont entre 10 et 15 jours de décalage sur les indicateurs sanitaires), le taux d’occupation en réanimation approche la barre des deux-tiers (65%). Si ce taux reste inférieur aux vagues précédentes, il continue de grimper et le nombre de lits occupés progresse chaque jour. La barre des 3000 patients en soins critiques a été franchie et le gouvernement prévoit que les 4000 soient atteints fin 2021 ou tout début 2022. Même chose pour les hospitalisations même si la vitesse d’augmentation tend à se réduire.

Carte du taux d’incidence par départements

Si l’on regarde l’évolution de l’épidémie de manière plus locale, on voit que la tendance est toujours à la hausse, mais qu’une baisse se fait sentir dans certains départements métropolitains. Ils sont une moitié (en bleu sur la carte) à voir l’indicateur s’orienter dans le bon sens. Avec des différences marquées entre les territoires, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous qui montre l’évolution du taux d’incidence sur une semaine. On voit cependant que certains départements (en rouge sur la carte) voit l’incidence bondir depuis quelques jours sous l’influence du variant Omicron. Il est désormais quasi majoritaire en Ile de France. Le taux d’incidence du Covid-19 s’établit désormais à plus de 1500 cas pour 100 000 habitants à Paris.

En France métropolitaine, tous les départements sont au-delà du seuil de 200 de taux d’incidence. Et le chiffre de 1000 est même atteint dans les Alpes-Maritimes. Le maximum est atteint à Paris.

Le graphique ci-dessous permet d’analyser plus en détail la situation dans votre département.

La carte du taux d’occupation en réanimation

Du côté des indicateurs hospitaliers, le taux d’occupation en réanimation est maintenant supérieur à 50% dans toutes les régions sauf la Bretagne et la Normandie. La tension est très nette en Corse où il y a plus de patients que de place normalement disponibles. En Paca, la saturation est également proche (97%). Des transferts de patients ont d’ailleurs déjà eu lieu.

Une vaccination très efficace, mais qui patine

Comment expliquer cette cinquième vague? Difficile à dire tant le coronavirus réussit à déjouer nos pronostics, mais il faut déjà rappeler qu’une hausse était prévisible, surtout avec la dominance du variant Delta, bien plus contagieux.

Une hausse maîtrisée de l’épidémie en plein hiver, avec des mesures limitées (tel le pass sanitaire, le port du masque, l’aération des lieux clos, etc.), n’est possible que grâce à la vaccination. Si le vaccin ne protège pas à 100%, il réduit le risque d’infection et baisse drastiquement le risque de développer une forme grave du Covid-19.

Aujourd’hui, 77% de la population est doublement vaccinée, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, avec des disparités entre les classes d’âge.

Mais on sait maintenant que l’efficacité du vaccin contre l’infection baisse avec le temps, notamment six mois après la vaccination. La protection contre les formes graves de Covid-19 reste élevée, mais semble tout de même diminuer, notamment chez les personnes âgées.

C’est pour cela que de nombreux pays, dont la France, ont lancé une campagne de rappel. Dans ses prévisions de fin novembre, l’Institut Pasteur estime qu’une dose de rappel, en réduisant encore plus le risque d’hospitalisation des personnes les plus à risque et en diminuant le risque d’être infecté, peut faire baisser le pic des hospitalisations en théorie. Ainsi, un rappel pour les plus de 65 ans diminue la hauteur du pic de 20%, alors qu’un rappel pour l’ensemble des adultes le fait chuter de 44%.

La fulgurance du variant Omicron rend cette troisième dose encore plus indispensable mais à peine un tiers de la population l’a déjà reçue.

Le graphique suivant permet de mieux se rendre compte de la progression des injections de rappel:

Des vaccins toujours efficaces face au Covid-19

L’efficacité des vaccins et de la troisième dose se voit facilement si l’on analyse le nombre de personnes vaccinées ou non-vaccinées positives, hospitalisées ou en réanimation.

Il faut par contre faire attention: plus de 91% des adultes sont vaccinés. Il est donc logique qu’il y ait beaucoup de personnes vaccinées dans les hôpitaux. Mais si l’on compare à effectif égal (combien d’hospitalisés pour un million de vaccinés, versus combien d’hospitalisés pour un million de non-vaccinés), on voit bien que le vaccin est très efficace.

La preuve avec les graphiques ci-dessous. On y voit également que le rappel augmente encore plus l’efficacité du vaccin

À voir également sur Le HuffPost: Comment bien réaliser un autotest? Notre tuto vidéo

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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