Les chiffres et cartes du Covid en France au 5 janvier 2022

·8 min de lecture
Le nombre de cas de Covid-19 a atteint un record en France, poussé par le variant Omicron (Photo: Grégory Rozières/Le HuffPost)
Le nombre de cas de Covid-19 a atteint un record en France, poussé par le variant Omicron (Photo: Grégory Rozières/Le HuffPost)

GRAPHIQUES - C’est à nouveau un record, mais il n’a malheureusement rien d’étonnant. Mardi 4 janvier, Santé publique France a enregistré plus de 270.000 cas positifs de Covid-19.

Si le chiffre des contaminations donne le “vertige”, comme l’a dit devant l’Assemblée nationale Olivier Véran, défendant l’instauration d’un pass vaccinal, le ministre a insisté sur la protection conférée par la vaccination, qui reste largement efficace contre les formes graves de Covid-19 à défaut de l’être contre l’infection au variant Omicron.

Mais les chiffres continuant de monter, reste à savoir quel sera l’impact de l’épidémie sur les hôpitaux, alors que cette nouvelle souche provoque moins de formes graves. Un nouveau Conseil de défense se réunit justement ce mercredi 5 janvier pour analyser en détail les indicateurs de suivi du Covid-19.

Pour bien comprendre où en est la France face au Covid-19, Le HuffPost vous propose de regarder les derniers chiffres, mais surtout leur évolution en cartes et en courbes. Un point important à bien avoir en tête avant de poursuivre votre lecture: les données sont toujours publiées dans la soirée. Ainsi, les chiffres à jour ce mercredi 5 janvier sont ceux publiés la veille, mardi 4.

Il faut également savoir que ce ne sont pas les chiffres du jour, mais ceux à J-1 pour le nombre d’hospitalisations et le nombre de nouveaux cas confirmés. Pour l’incidence et le taux de positivité, ce sont les chiffres du dépistage à J-3 (à la date de réalisation du test) qui sont utilisés.

Les courbes nationales du Covid-19

Mardi 4 janvier, la Direction générale de la Santé a recensé 271.686 cas positifs, soit un record absolu depuis le début de l’épidémie. Les 250.000 nouveaux cas par jour prévus par le ministre de la Santé Olivier Véran début janvier ont bien été atteints.. Si l’on regarde l’évolution moyenne (sur 7 jours, la courbe bleue), on voit que la cinquième vague repart à un rythme spectaculaire (180.000 en moyenne), gonflée par les contaminations liées au variant Omicron.

Les chiffres à J-1 sont pratiques pour suivre au plus près l’évolution de l’épidémie, mais sont susceptibles de varier d’une semaine à l’autre en fonction de la rapidité de remontée des résultats. Pour bien s’assurer des tendances, il est préférable de regarder les données publiées par Santé Publique France, qui montrent le nombre de cas à la date du dépistage, avec un retard de trois jours.

Les graphiques ci-dessous permettent de voir cet indicateur, ainsi que d’autres essentiels pour suivre l’évolution de l’épidémie. On voit par exemple que les nouvelles hospitalisations recommencent à augmenter alors qu’elles n’augmentaient plus depuis quelques jours (1799 le 4 janvier contre 1217 le 25 décembre). Le taux de positivité, lui, est reparti en flèche en fin d’année (16,8%) pour dépasser le pic de l’automne 2020.

Signification des différents indicateurs

Comme on peut le voir, tous les indicateurs sont à la hausse. Mais le plus important, c’est de comprendre à quel point cette évolution est rapide ou qu’elle décroit. Pour cela, il est intéressant de regarder l’évolution sur une semaine, en pourcentage, de ces chiffres:

Le taux d’incidence continue d’augmenter de plus en plus vite (les barres violettes grimpent de plus en plus haut).En clair, le pic de cette 5e (ou 6e) vague n’est vraiment pas atteint.

Du côté des indicateurs hospitaliers (dont on estime qu’ils ont entre 10 et 15 jours de décalage sur les indicateurs sanitaires), le taux d’occupation en réanimation a dépassé les 70%. Si ce taux reste inférieur aux vagues précédentes, il continue de grimper et le nombre de lits occupés progresse chaque jour. Pour autant, la progression ralentit, alors qu’elle accélère pour les hospitalisations.

Carte du taux d’incidence par départements

Attention : Santé publique France a suspendu la mise à jour des indicateurs à l’échelle départementale en raison “d’écarts constatés” entre les données reçues et celles observées à l’échelle départementale. Quand les mises à jour reprendront, les cartes et graphiques territoriaux seront automatiquement mis à jour. Le texte explicatif sera lui aussi mis à jour aussi vite que possible.

Si l’on regarde l’évolution de l’épidémie de manière plus locale, on voit que la tendance est toujours à la hausse, et que, contrairement au début des vacances, l’incidence est en hausse dans tous les départements comme on peut le voir sur la carte ci-dessous qui montre l’évolution du taux d’incidence sur une semaine. On voit cependant que certains départements (en rouge sur la carte) voit l’incidence bondir depuis quelques jours sous l’influence du variant Omicron.

En France métropolitaine, tous les départements sont au-delà du seuil de 600 de taux d’incidence. La barre des 1000 est même atteinte dans une trentaine de départements.

Le graphique ci-dessous permet d’analyser plus en détail la situation dans votre département.

La carte du taux d’occupation en réanimation

Du côté des indicateurs hospitaliers, le taux d’occupation en réanimation est maintenant supérieur à 50% dans toutes les régions sauf en Normandie et en Bretagne. La tension est très nette en Paca et en Corse où il y a plus de patients que de place normalement disponibles. Des transferts de patients ont d’ailleurs déjà eu lieu.

Une vaccination très efficace, mais qui patine

Comment expliquer cette cinquième vague? Difficile à dire tant le coronavirus réussit à déjouer nos pronostics, mais il faut déjà rappeler qu’une hausse était prévisible dès le début de l’automne avec la dominance du variant Delta, bien plus contagieux. Depuis, le variant Omicron est venu joué les troubles fêtes.

Une hausse maîtrisée de l’épidémie en plein hiver, avec des mesures limitées (tel le pass sanitaire, le port du masque, l’aération des lieux clos, etc.), n’était possible que grâce à la vaccination. Si le vaccin ne protège pas à 100%, il réduit le risque d’infection et baisse drastiquement le risque de développer une forme grave du Covid-19.

Aujourd’hui, 77% de la population est doublement vaccinée, comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous, avec des disparités entre les classes d’âge.

Mais on sait maintenant que l’efficacité du vaccin contre l’infection baisse avec le temps, notamment six mois après la vaccination, et encore plus avec le variant Omicron. La protection contre les formes graves de Covid-19 reste élevée, mais semble tout de même diminuer, notamment chez les personnes âgées.

C’est pour cela que de nombreux pays, dont la France, ont lancé une campagne de rappel. Dans ses prévisions de fin novembre, l’Institut Pasteur estime qu’une dose de rappel, en réduisant encore plus le risque d’hospitalisation des personnes les plus à risque et en diminuant le risque d’être infecté, peut faire baisser le pic des hospitalisations en théorie. Ainsi, un rappel pour les plus de 65 ans diminue la hauteur du pic de 20%, alors qu’un rappel pour l’ensemble des adultes le fait chuter de 44%.

La fulgurance du variant Omicron rend cette troisième dose encore plus indispensable, un peu plus d’un tiers de la population (37%) l’a déjà reçue.

Des vaccins toujours efficaces face au Covid-19

L’efficacité des vaccins et de la troisième dose se voit facilement si l’on analyse le nombre de personnes vaccinées ou non-vaccinées positives, hospitalisées ou en réanimation.

Il faut par contre faire attention: plus de 91% des adultes sont vaccinés. Il est donc logique qu’il y ait beaucoup de personnes vaccinées dans les hôpitaux. Mais si l’on compare à effectif égal (combien d’hospitalisés pour un million de vaccinés, versus combien d’hospitalisés pour un million de non-vaccinés), on voit bien que le vaccin est très efficace.

La preuve avec les graphiques ci-dessous. On y voit également que le rappel augmente encore plus l’efficacité du vaccin

A voir aussi sur Le HuffPost: comment bien utiliser un autotest?

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles