Les chiffres et cartes du Covid en France au 25 novembre 2021

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Les chiffres du Covid-19 en France au 24 novembre en cartes et courbes (Photo: Le HuffPost)
Les chiffres du Covid-19 en France au 24 novembre en cartes et courbes (Photo: Le HuffPost)

SCIENCE - À peine deux semaines après une nouvelle allocution d’Emmanuel Macron, la cinquième vague de Covid-19 déferle bel et bien sur la France. Une évolution “fulgurante” pour le gouvernement, qui s’est réuni mercredi 24 novembre pour un énième Conseil de défense sanitaire. Olivier Véran doit annoncer ce jeudi 25 novembre de nouvelles mesures et restrictions pour tenter d’endiguer l’épidémie de coronavirus, avec un possible élargissement de la 3e dose et un durcissement du pass sanitaire.

Difficile de dire pour le moment si des restrictions pour stopper la progression du nombre de cas et éviter une possible saturation des hôpitaux seront prises. Surtout que si le taux d’incidence progresse extrêmement vite dans la plupart des départements, la hausse est pour l’instant plus limitée du côté des hospitalisations.

Pour bien comprendre où en est la France face au Covid-19, Le HuffPost vous propose de regarder les derniers chiffres, mais surtout leur évolution en cartes et en courbes.

Les courbes nationales du Covid-19

Mercredi 24 novembre, plus de 30.000 nouveaux cas ont été répertoriés par la Direction générale de la Santé. Une hausse claire et forte visible sur la courbe ci-dessous:

Les chiffres à J-1 sont pratiques pour suivre au plus près l’évolution de l’épidémie, mais sont susceptibles de varier d’une semaine à l’autre en fonction de la rapidité de remontée des résultats. Pour bien s’assurer des tendances, il est préférable de regarder les données publiées par Santé Publique France, qui montrent le nombre de cas à la date du dépistage, avec un retard de trois jours.

Les graphiques ci-dessous permettent de voir cet indicateur, ainsi que d’autres essentiels pour suivre l’évolution de l’épidémie:

Signification des différents indicateurs

Comme on peut le voir, tous les indicateurs sont à la hausse depuis plusieurs jours. Mais le plus important, c’est de comprendre à quelle point cette évolution est rapide. Pour cela, il est intéressant de regarder l’évolution sur une semaine, en pourcentage, de ces chiffres:

Le taux d’incidence est en hausse de plus de 80% ces derniers jours, un chiffre qui n’a été atteint que pendant la quatrième vague de l’été, fulgurante, mais qui n’est pas montée aussi haut que les autres, probablement suite à l’instauration du pass sanitaire.

Du côté des indicateurs hospitaliers, le taux d’occupation en réanimation est encore faible (29%), mais le nombre de lits occupés progresse de plus de 10% depuis une dizaine de jours. Même chose pour les hospitalisations.

Carte du taux d’incidence par départements

Si l’on regarde l’évolution de l’épidémie de manière plus locale, on voit clairement que la tendance est à la hausse dans la quasi-totalité des départements métropolitains, mais avec des différences marquées entre les territoires, comme on peut le voir sur la carte ci-dessous, qui montre l’évolution du taux d’incidence sur une semaine.

En France métropolitaine, seuls 3 départements sont encore sous le seuil de 100 de taux d’incidence: la Manche, la Mayenne et les Deux-Sèvres. À l’inverse, l’incidence est supérieure à 250 en Ardèche, en Haute-Corse, dans les Bouches-du-Rhône, le Jura, les Landes ou encore le Haut-Rhin.

Le graphique ci-dessous permet d’analyser plus en détail la situation dans votre département.

La carte du taux d’occupation en réanimation

Du côté des indicateurs hospitaliers, aucune région n’est pour l’instant en tension à cause du Covid-19. Le taux d’occupation en réanimation est inférieur à 50% dans toutes les régions.

Une vaccination très efficace, mais qui patine

Comment expliquer cette cinquième vague? Difficile à dire tant le coronavirus réussit à déjouer nos pronostics, mais il faut déjà rappeler qu’une hausse était prévisible, surtout avec la dominance du variant Delta, bien plus contagieux. Dans les derniers scénarios de l’Institut Pasteur, publiés début octobre, l’un des plus optimistes estimait que sans relâchement des mesures en vigueur, le taux de reproduction du virus allait progressivement augmenter avec le refroidissement des températures, mais sans entraîner une forte vague d’hospitalisation. En revanche, un relâchement des mesures risquait d’entraîner un pic d’hospitalisation similaire aux premières vagues.

Une hausse maîtrisée de l’épidémie en plein hiver, avec des mesures limitées (tel le pass sanitaire, le port du masque, l’aération des lieux clos, etc), n’est possible que grâce à la vaccination. Si le vaccin ne protège pas à 100%, il réduit le risque d’infection et baisse drastiquement le risque de développer une forme grave du Covid-19.

L’Institut Pasteur donnait deux exemples concrets dans ses scénarios montrant son importance: “Si la protection contre le risque d’hospitalisation est réduite de 5% (90% au lieu de 95%), le pic des hospitalisations pourrait passer de 1200 à 2100 par jour. Si la vaccination réduit le risque d’infection de 80% au lieu de 60%, on ne s’attend pas à une reprise importante de l’épidémie.”

Et si la France a été bonne élève sur sa campagne vaccinale, les injections sont aujourd’hui très faibles. L’allocution d’Emmanuel Macron et la décision de conditionner le pass sanitaire à une 3e dose pour les plus âgés a quelque peu relancé le nombre d’injections, notamment pour les rappels, comme on peut le voir ci-dessous.

Le graphique suivant permet de mieux se rendre compte de la progression des injections de rappel:

Des vaccins toujours efficaces face au Covid-19

Il n’est pas certain que les mesures actuelles et le niveau de vaccination permettent d’éviter une nouvelle vague de coronavirus dans les hôpitaux. Il faut par contre rappeler que les vaccins restent notre meilleure arme et protègent énormément face au risque de développer une forme grave de Covid-19.

Depuis début novembre, il y a plus de vaccinés hospitalisées que de non-vaccinés. Pour autant, il ne faut pas oublier que 91% des adultes ont reçu au moins une dose. En clair, l’écrasante majorité des Français étant vaccinée, il n’est pas anormal de voir plus de vaccinés que de non-vaccinés dans les hôpitaux Si l’on regarde à population égale (combien de personnes hospitalisées ou en réanimation pour un million de vaccinées ou non vaccinées), on voit bien l’effet clair de la vaccination. Les deux graphiques suivants permettent de s’en rendre facilement compte.

À voir également sur Le HuffPost: comment le gouvernement défend Castex face aux accusations de négligence

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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