Le chien positif à la variole du singe à Paris « n’a pas développé la maladie »

Pour Christophe Broqua, plusieurs éléments de contexte ont favorisé
Smith Collection/Gado via Getty Images Pour Christophe Broqua, plusieurs éléments de contexte ont favorisé "le fait de désigner les hommes homosexuels comme étant plus touchés que les autres" par la variole du singe.

Smith Collection/Gado via Getty Images

Le chien positif à la variole du singe à Paris « n’a pas développé la maladie »

MONKEYPOX - Un premier cas de transmission de la variole du singe de l’être humain au chien a été rapporté le 10 août dans le journal médical The Lancet : un couple d’hommes contaminés qui a transmis le virus à leur lévrier à Paris. Selon l’un des coauteurs de l’étude, le lévrier italien âgé de 4 ans « a bien été porteur du virus mais il n’a pas développé la maladie ».

Le chien présentait des lésions cutanées, des pustules à l’abdomen et une fine ulcération anale, rapporte Le Parisien. Interrogé par le quotidien, Christophe Cordevant, conseiller scientifique à l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et coauteur de l’étude de la Pitié-Salpêtrière, a indiqué que les lésions observées sur l’animal « n’étaient pas dues à la maladie ». Les conclusions ont été transmises à l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Une bonne nouvelle (...). Mais la vigilance reste de mise », prévient le spécialiste.

Les recommandations de l’Anses

Après la publication de l’étude dans The Lancet, l’OMS a d’ailleurs appelé, ce mercredi 17 août, les personnes infectées par la variole du singe à éviter d’exposer les animaux au virus. En France, l’Anses préconisait déjà en juin d’« éviter au maximum les contacts entre l’animal et la personne infectée, idéalement en faisant garder son animal par une autre personne le temps de l’isolement ». L’agence recommande de se laver les mains et de porter un masque et des gans à usage unique avant chaque contact avec son animal.

Les experts étaient conscients du risque théorique de ce type de transmission et savent que les agences de santé publique ont déjà prévenu les personnes infectées de « se tenir éloignées de leurs animaux domestiques », a expliqué, de son côté, Rosamund Lewis, responsable technique à l’OMS pour la variole du singe.

Elle a néanmoins souligné que la « gestion des déchets est essentielle » pour réduire le risque de contamination de rongeurs et autres animaux en dehors du foyer domestique. Lorsqu’un virus franchit une barrière entre espèces, cela suscite souvent de l’inquiétude concernant une mutation possiblement plus dangereuse. Mais selon Rosamund Lewis, aucune information à ce stade ne permet de dire que c’est le cas concernant la variole du singe.

« Il est néanmoins certain que dès que le virus se déplace dans un autre environnement touchant une autre population, il y a évidemment une possibilité qu’il se développe différemment et mute différemment », a-t-elle expliqué. La principale préoccupation concerne les animaux vivant en dehors du foyer domestique.

Plus de 30 000 cas de variole du singe recensés dans le monde

« La situation la plus dangereuse survient lorsqu’un virus se déplace dans une petite population mammifère avec une forte densité d’animaux », a indiqué aux journalistes le directeur des situations d’urgence à l’OMS, Michael Ryan, soulignant que « c’est à travers le processus d’un animal infectant le suivant et le suivant et le suivant que l’on voit une rapide évolution du virus ».

Selon lui, il y a peu d’inquiétude à avoir concernant les animaux domestiques. « Je ne pense pas que le virus évolue plus vite avec un seul chien qu’avec une seule personne », a-t-il estimé, ajoutant que si « nous devons rester vigilants, les animaux de compagnie ne sont pas un risque ».

Selon le dernier bilan de l’OMS, 31 665 cas de variole du singe, dont 12 décès, ont été recensés dans le monde. L’OMS a déclenché le 24 juillet le plus haut niveau d’alerte, l’« urgence de santé publique de portée internationale », pour renforcer la lutte contre la maladie.

À voir également sur le HuffPost : Face à la variole du singe, pourquoi est-ce que la communauté gay s’inquiète ?

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